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Opéra de Saint-Etienne : Offenbach à la mode Savary

Loire le 24 décembre 2016 - Daniel Brignon - Spectacle, Théâtre

Opéra de Saint-Etienne : Offenbach à la mode Savary
Willliams Bonbon Opéra-théâtre de Metz Métropole

L'Opéra de Saint-Étienne clôt l'année 2016 et commence la suivante avec l'opéra bouffe de Jacques Offenbach La Vie parisienne dans une mise en scène de Jérôme Savary, qui lui survit avec bonheur.

Jérôme Savary nous a  quittés en mars 2013 mais ses œuvres lui survivent, autrement dit les mises en scènes remarquées de ce défenseur du spectacle total. « Quand je m’en irai sauve les opéras », avait-il souhaité de sa collaboratrice Frédérique Lombart, qui s’y prête toujours avec révérence au maître. « Nous avons sauvé et fait revivre, dit-elle, les mises en scène de quatre opéras de Jérôme : La Belle Hélène, la veuve joyeuse, la Cenerentola et La Vie parisienne, ce dernier repris cette fin d’année sur la scène stéphanoise.

La Vie parisienne sera chantée par un plateau de onze jeunes chanteurs tous français à l’exception de la soprano québécoise Mélanie Boisvert. La jeunesse apporte une forme de dynamisme à l’opéra qui pour être un répertoire lyrique n’en est pas moins théâtral dans l’esprit de Jérôme Savary qui savait « fabriquer des tribus », autrement dit un esprit de compagnie dans la production lyrique qui ne s’y prête pas toujours. « Pour Jérôme, tout le monde est important, jusqu’aux accessoiristes, jusqu’au chœur. Les choristes ne sont plus seulement des choristes mais aussi des personnages », confie Frédérique Lombart qui voit se recréer une véritable troupe, « féérique » sur la scène stéphanoise autour d’une création totale qui associe musique, cirque, théâtre, et bien sûr danse avec un groupe de danseurs, « de vrais “cancaneurs“ et de vraies “cancaneuses“, emmenés par la chorégraphe historienne du cancan, Nadège Maruta ».

« Les valeurs, l’état d’esprit de Jérôme est là », dans le collectif, dans le plaisir partagé sur scène, dans « les fracas joyeux de notre troupe », écrivait Savary dans son intention lors de sa mise en scène à l’Opéra comique en 2004, la troisième mise en scène de La vie parisienne pour lui, celle qui a fait le tour du monde et est retenue à Saint-Étienne, préservée jalousement par Frédérique Lombart.

Elle joue des ressorts comiques, d’un air du Paris « canaille », mais aussi « de l’amour, de la tendresse, de toutes les facettes des émotions que le metteur en scène qui se disait “mélan-comique“, savait associer ».

Directeur depuis un mois de l’Orchestre de Cannes-Provence-Alpes-Côte d’Azur, Benjamin Lévy entre dans le casting pour la production à Saint-Étienne à la tête de l’orchestre symphonique stéphanois. « La Vie parisienne que j’ai dirigé deux fois dans des versions différentes de celle-ci, est un ouvrage que j’aime beaucoup, dit-il. Un ouvrage choral assez inhabituel de la part d’Offenbach qui annonce le genre de la revue que l’on développera plus tard, avec une succession de tableaux, des scènes cartes postales au fil du parcours touristique qui se joue dans Paris. Ce magicien du rythme et de l’enchaînement qu’était Offenbach trouve un accord parfait avec les librettistes Meilhac et Halévy. Les ouvrages d’Offenbach qui ont résisté au temps sont ceux précisément qui ont été construits en correspondance de rythme avec ces librettistes. Ils s’en amusent dans des pastiches de grands opéras dramatiques. On entend des paroles insignifiantes, telles que “votre habit a craqué dans le dos“ sur un air emphatique et très dramatique ».

La correspondance entre le chef et la mise en scène semble aussi se réaliser. « Jamais Jérôme, qui connaissais la musique n’est allé contre la musique, il avait le souci de s’y accorder », plaide Frédérique Lombart.

Plaise que, selon le souhait de Savary à l’Opéra comique en 2004, la troupe reconstituée vienne « enflammer » l’opéra de Saint-Étienne, « comme au bon vieux temps de l’exposition universelle. Afin que le public, à l’image du baron de Gondremarck, s’en “fourre, fourre jusque-là“ ! »

Daniel Brignon

« Un hommage au french cancan »

Le cancan n’était pas dans la version originelle de La Vie parisienne de 1866. Il y a été introduit assez rapidement quand Offenbach après 1870 a repris ses ouvrages sous forme d’« opéras féériques », forme historique de la revue. Jérôme Savary a voulu rendre hommage à ce « cancan parisien canaille » tel qu’on ne l’a jamais vu.

Pratique

Grand théâtre Massenet, Opéra de Saint-Étienne, samedi 31 décembre à 19 h, dimanche 1er janvier à 17 h, mardi 3 janvier à 19 h. Il reste des places à la vente le 1er janvier.

Rencontre d’avant-spectacle les 31 décembre et 3 janvier, avec Nadège Maruta, chorégraphe et historienne du cancan, une heure avant les représentations. Gratuit sur présentation du billet du jour.



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