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La vaccination en question

Loire le 28 août 2015 - Florence Barnola - Société - article lu 463 fois

La vaccination en question
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A l'instar d'autres pays développés, la vaccination a depuis quelques années reculé en France. Face à la recrudescence de virus tel que la rougeole, il semblerait pourtant que cette tendance s'inverse malgré les différentes polémiques en cours.

Pour ou contre la vaccination ? le sujet reste brûlant dans beaucoup de pays et notamment dans l’Hexagone. En attestent les polémiques des derniers mois, dues notamment à la pétition du Pr Joyeux (près de 700 000 signatures) protestant contre la pénurie de certains vaccins. Marisol Touraine a depuis annoncé un débat national sur la vaccination pour l’automne prochain.

En France, le vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont obligatoires pour les nourrissons. Les autres vaccins (rougeole, oreillons, rubéole, hépatite B, coqueluche…) sont seulement « recommandés », c’est-à-dire très fortement conseillés. 

Selon un sondage effectué pour France Inter, Le Figaro et la Mutuelle nationale des hospitaliers datant de juin dernier, 87% de Français estiment que les vaccins sont utiles, 81 % pensent qu'ils sont efficaces et 65 % estiment qu'ils ne présentent pas un danger.

Le Baromètre santé 2014 de l’Inpes révèle que l’adhésion à la vaccination repart à la hausse. La recrudescence de certaines épidémies comme la rougeole, en serait-elle la cause ? En 2010, le pourcentage des 18-75 ans se disant favorables à la vaccination était de 61 % passant l’année dernière à 79 %. Les données récentes de l’Institut de veille sanitaire (InVS) confirment cette tendance, avec le maintien de niveaux de couverture vaccinale élevés, voire en augmentation pour de nombreux vaccins, notamment chez les nourrissons. En 2014, pour la première fois, plus de 90 % des bébés de 6 mois ont été vaccinés contre l’hépatite B. La couverture contre la rougeole à l’âge de 2 ans progresse, atteignant 92 % pour la première dose et 66 % pour la seconde dose. Dans la Loire, cette couverture à une dose de vaccin ROR (rubéole, oreillons, rougeole) est de 84 % chez les enfants de moins de 2 ans, passant à 56 % pour la 2e dose.

Un Français sur dix refuse la vaccination

Pour autant, le sentiment de défiance d'une partie de la population croît depuis les années 2000, le vaccin anti grippe A, H1N1, de 2009 jouant un rôle. Aujourd’hui encore 10 % de la population déclarent refuser systématiquement de se faire vacciner, accusant les adjuvants de rendre malades les patients. Près de 20 % des adultes français déclarent ne pas savoir où ils en sont dans leur suivi vaccinal. Moins de 50 % des personnes à risque (personnes âgées et personnes souffrant de certaines maladies chroniques) se sont faits vacciner contre la grippe cet hiver. Certains médecins même s’avouent réticents, par exemple, envers la vaccination contre l’hépatite B. Un généraliste sur dix évoquerait des doutes sur la sécurité de ce vaccin.

Des associations comme La Ligue nationale pour la liberté des vaccinations (LNPLV)  s’engagent contre l’obligation vaccinale. « Nous ne sommes pas systématiquement contre les vaccinations, mais contre les vaccinations systématiques », scande la LNPLV, militant pour le droit de choisir le moyen de se soigner. « Notre pays est le seul en Europe, avec l’Italie, à connaître encore trois vaccinations obligatoires pour l’ensemble de la population. Malgré ces obligations et leurs contraintes, la situation sanitaire n’est pas meilleure que celle des autres nations. »

A contrario, les pro vaccins soulignent le risque de voir réapparaître des maladies contagieuses et mortelles, étant établi qu’à partir d’un certain taux de vaccination, les virus se retrouvent dans l’incapacité de prospérer. Se vacciner relèverait alors d’une responsabilité collective avant d’être un choix individuel.

Florence Barnola
 

Un vaccin est un médicament à visée préventive des maladies infectieuses. Le principe consiste à inoculer une forme atténuée ou inactivée d’un agent infectieux afin d’éviter une éventuelle contamination future. Si l’agent se représente, il sera identifié par la défense immunitaire. En 1796, le premier vaccin, celui de Jenner, est inoculé contre la variole, deux siècles plus tard la maladie a été considérée comme éradiquée. La révolution pastorienne du XIXe siècle a fait du vaccin un enjeu de santé publique. 



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