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La Sogreah au sein du groupe Artelia - De Port-Revel à Panama

Isère le 28 septembre 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1993 fois

La Sogreah au sein du groupe Artelia - De Port-Revel à Panama
Pétrolier des 200 000 tonnes « sur ballast » (D.R.)

La forêt de Chambaran abrite des allées et venues inattendues.

Autour de l'étang de Saint-Pierre de-Bressieux volent des mots de toutes les langues, qui parlent de noms lointains : canal de Panama, Manhattan, cap Horn... Des silhouettes de bateaux glissent silencieusement le long des découpes de terre,  elles font et refont des figures obligées.  Ce parcours (non pas du combattant mais du pilote aguerri) est celui du centre d'entrainement à la manœuvre des navires de Port Revel. Chaque semaine de nouveaux pilotes débarquent, venus du monde entier apprendre les ficelles du métier. Leur rôle est d'assister les navires dans les passages difficiles proches des côtes. Et le trafic est dense : plus de 50 000 navires traversent les océans : « Ici nous montrons d'abord ce qui ne fonctionne pas, nous dit le directeur Arthur de Graauw. Puis nous guidons les élèves vers les manœuvres efficaces ». Pour ce faire, le centre possède une flottille de 11 maquettes reproduisant au 1/25 les différents types de pétroliers et cargos utilisés actuellement. « L'élève se sent vraiment en situation et est nettement plus impliqué qu'à l'intérieur d'un simulateur terrestre ». Et il vaut mieux être vigilant : car si les bateaux sont 25 fois plus petits le temps de réaction lui, est 5 fois plus court ! Rentrer son porte-conteneurs dans l'étroit canal n'est pas une mince affaire quand l'arrière chasse le navire contre la côte sous l'emprise du courant pendant que l'avant est déjà dans des eaux tranquilles. Comme le dit l'un d'entre eux : c'est comme conduire un camion de 30 t avec le moteur d’une mobylette sur une route verglacée ! Pour les guider, le centre mise sur la transmission humaine grâce à des instructeurs eux-mêmes anciens pilotes. Connaissances et expériences  démarquent. Depuis 10 ans, c'est autour de 4 000 pilotes de toutes nationalités (sur les 15 000 qui travaillent environ dans le monde) qui ont suivi un stage de formation à la manœuvre des grands navires dans un des cinq centres de ce type existants.

Un haut niveau  de technologie et de pédagogie

Pourquoi venir ici ? Le centre réunit deux éléments majeurs de la navigation maritime côtière. La faible profondeur d'eau : c'est l'un des rares plans d'eaux qui permet de se familiariser avec cette contrainte importante du métier : manœuvrer avec un faible tirant d'eau est nettement plus difficile et demande plus d'espace. Le second élément est la capacité de l'équipement technologique à générer de vrais courants  grâce à 38 générateurs répartis autour du lac,  ce qui permet de reproduire nombre de situations potentielles. Obéissant ainsi « au doigt et à l'œil »  le lac accueille les élèves sur une eau étale…Puis « de jour en jour les courants forcissent »  sourit malicieusement Arthur de Graauw. Le pilote est mis en situation réelle, son attention est supérieure, ses ressources dans les instants critiques aussi.  Suite à l'accident médiatique du Costa Concordia, le centre a enrichi sa flotte d'une maquette reprenant les caractéristiques des grands paquebots de croisière de plus de 300 m de longueur transportant des milliers de passagers

Une expertise recherchée

Ces atouts en plus d'une longue expérience pédagogique expliquent l'exportation de la formule à l'étranger. Récemment, le gouvernement panaméen a désigné l'équipe de Port Revel pour l’assister dans la construction d’une structure d'entrainement au Panama. Elle reproduira les nouvelles écluses et une portion du canal de Panama afin de former les pilotes nationaux. « Une belle vitrine de notre savoir-faire ! »  conclut le directeur.

Un leader mondial

Le centre appartient au groupe Artelia, constitué en 2010 de deux sociétés françaises au parcours similaires : Sogreah et Coteba. Créées après la Deuxième Guerre mondiale, puis intégrées à des grands groupes, elles ont toutes deux été rachetées par leurs propres salariés. Un exemple d'un développement  basé sur une qualité technologique et humaine. La branche maritime d'Artelia est classée au 7 è rang mondial et Port-Revel est leader mondial dans son domaine depuis sa création en 1967.



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