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« La science (n') est (pas) l'art ? »

Loire le 03 avril 2014 - Florence Barnola - Agglomération stéphanoise - article lu 1008 fois

« La science (n') est (pas) l'art ? »
Pour le physicien Jean-Marc Lévy-Leblond l'art et la science ne peuvent se rencontrer qu'épisodiquement (D.R.)

Pour le scientifique, l'idée fondamentale est que les sciences (celles dite dure comme les mathématiques et la biologie) ne sont pas l'art (plastiques).

Les rapports entre art et science du XXe et XXIe siècles sont alors de l’ordre de la rencontre de la confrontation et peut-être du conflit même. « On ne peut comprendre leur relation aujourd’hui que si l’on part de cette différence. Quand des poètes me disent reconnaître dans la physique théorique une démarche propre de la leur et que j’entends des mathématiciens affirmer à des musiciens que leurs recherches sont similaires, j’y vois des illusions souvent simplistes. »
Des différences qui commencent dès la définition du beau. En science, la beauté d’une équation n’est pas graphique. « Le plaisir de l’œil ne correspond nullement à ce que les physiciens appellent la beauté » Jean-Marc Lévy-Leblond souligne l’importance en science du rapport entre la forme et la fonction « ce n’est pas l’esthétique mise en œuvre en art mais plutôt celle de l’objet artisanal ». Autre grande différence, l’activité. Celle de l’artiste est individuelle, celle du scientifique est communautaire.
Jean-Marc Lévy-Leblond met en garde contre certaines impasses qui en surface unissent l’art à la science: « l’exploitation à des fins purement visuelles où la science n’a pas grand chose à voir » comme le fameux bijou fractal de Boucheron, et aussi certaines idées reçues comme le légendaire nombre d’or qu’on trouverait dans des œuvres d’art. Pour le physicien ce nombre « est en vérité un faux-ami » et démontre qu’on ne le trouve pas plus dans la Joconde que dans le Panthéon d’Athènes.
Pourtant « Il y a des possibilités de créer des liens. Ces voies peuvent fugitivement se croiser ». Le physicien qualifie alors ces rencontres de « locales ». Pour lui, ces épiphanies existent avec ce questionnement: « En quoi l’art me permet de mieux comprendre ce que je fais, moi, scientifique ? » Pour exemple, il cite les travaux de François Mollet, notamment Géometree n°26, ou encore David Boeno, Eléments, qui est une réflexion sur la figure 11 du chapitre IV du livre d’Euclide.

Florence Barnola



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