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La protection judiciaire de la jeunesse a ouvert ses portes

Loire le 11 octobre 2015 - Emilie Massard - Vie juridique - article lu 492 fois

La protection judiciaire de la jeunesse a ouvert ses portes
400 à 500 jeunes sont suivis actuellement dans la Loire

L'ordonnance de 1945 fête cette année ses 70 ans, et avec elle de nombreux services existant encore aujourd'hui. C'est le cas de la Protection judiciaire de la jeunesse, qui a cette occasion a ouvert ses portes au public pour lui faire découvrir les modalités et la diversité de la prise en charge éducative proposée aux mineurs en difficulté.

La Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) prend en charge et encadre les mineurs qui font l’objet d’une décision de justice pour leur permettre de comprendre la portée de leurs actes et de s’insérer dans la société. Elle se mobilise avec tous les acteurs de la justice des mineurs et de nombreux partenaires dans les domaines de l’éducation, de l’insertion, de la culture, du sport et de la santé pour apporter une réponse adaptée à la situation de chaque jeune qui lui est confié. Le secteur public de la protection judiciaire compte 267 unités éducatives de milieu ouvert. 95 % des mineurs pris en charge par la protection judiciaire de la jeunesse sont suivis en milieu ouvert, ce qui signifie qu’ils continuent de vivre dans leur milieu habituel mais sont suivis par un éducateur.

Prise en charge globale

L’Unité éducative de milieu ouvert de Bergson à Saint-Etienne est l’une des trois unités de milieu ouvert dans la Loire. On en compte une deuxième à Saint-Etienne et une autre à Roanne. C’est à l’occasion du 70e anniversaire de l’éducation surveillée que la PJJ a souhaité ouvrir les portes de ses établissements et services en France. L’unité éducative de Bergson a ainsi accueilli plusieurs dizaines de personnes pendant la journée du lundi 5 octobre dernier, principalement des professionnels en lien avec la jeunesse. Cette structure prend en charge, sur décision du juge, les mineurs qui ont commis un acte de délinquance, et la prise en charge se fait dans leur environnement, qu’ils soient incarcérés, placés dans une autre structure ou à domicile.

« La prise en charge se fait de manière globale, explique Marie Veillerot, directrice du Service territorial éducatif de milieu ouvert Loire. On part du passage à l’acte, et on aborde l’insertion, la santé du jeune, le lien avec la famille, etc. » Ces unités peuvent intervenir dès lors que le parquet décide de poursuivre le jeune et saisit le juge des enfants. 90 % de l’activité de ce service éducatif concerne le pénal, mais l’unité a également conservé une compétence au civil, dans le cadre de mesures judiciaires d’investigation éducative, pour notamment vérifier si un enfant n’est pas en danger dans sa famille.

400 à 500 jeunes sont suivis actuellement dans la Loire, et l’accompagnement de l’unité éducative peut aller de quelques mois à plusieurs années, selon les mesures décidées par le juge. A Saint-Étienne, 10 éducateurs, une assistante sociale, un psychologue et un psychiatre vacataire assurent le suivi de ces jeunes. Un éducateur suit 25 jeunes en moyenne et assure autant un travail éducatif que de contrôle des obligations du mineur. « Nous suivons majoritairement des garçons entre 15 et 19 ans, constate Marie Veillerot. Des jeunes qui ont parfois des problèmes psychologiques, ce qui complique l’accompagnement, puisque nous n’avons pas toujours l’outillage nécessaire en formation, et en moyens humains. Les filles sont moins nombreuses, mais ont des problématiques différentes. Elles impliquent souvent une mise en danger plus importante pour elles-mêmes, et nous manquons de solutions pour elles, puisqu’il existe peu de structures réservées aux filles et que la mixité peut parfois poser problème. »

Emilie Massard

La PJJ en chiffres

La direction de la Protection judiciaire de la jeunesse en France comprend 220 établissements et services relevant du service public, et 1 086 relevant du secteur associatif habilité, dont les personnels sont composés de 60 % d’éducateurs. Il existe une école nationale de protection judiciaire de la jeunesse. En 2014, 136 091 jeunes ont été suivis dans le cadre de la protection judiciaire de la jeunesse en France par le biais du milieu ouvert, le placement judiciaire, l’insertion ou la détention. La direction de la PJJ dispose d’un budget de 775,5 M€.



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