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La positive attitude fait Bloch

Loire le 20 mars 2015 - Xavier ALIX - Économie - article lu 378 fois

La positive attitude fait Bloch
DR - Philippe Bloch

Le Centre des jeunes dirigeants (CJD) de Saint-Etienne propose jeudi 26 mars une conférence de Philippe Bloch : « optimisme, innovation et esprit service, meilleurs armes anticrise ». Entretien avec le cofondateur de Colombus café, auteur de nombreux ouvrages pour managers et animateur sur BFM TV.

L’une de vos dernières publications Ne me dites plus jamais bon courage ! (Ventana, 2013) se veut antidéprime. Il y a un déficit d’optimisme en France ?

Je n’ai pas de formation de psy mais il me semble que oui. Et je crois à la contagion émotionnelle des mots utilisés comme une expérience de Facebook sur 700 000 comptes l’a prouvée. En France, quand il y a quelque chose de bien, nous disons « c’est pas mal » plutôt que « c’est génial ». Cela ancre, comme un réflexe, une vision des choses. C’est ce que ce livre léger mettait en évidence avec humour, identifiant les expressions : « bon courage » comme si on partait au travail comme à la guerre ou encore, dès que l’on est fâché le « dans ce pays… », comme si on ne faisait pas partie du problème. Avec son entreprise, ce sera dans « cette boite ».

Pourquoi particulièrement en France ?

Il y a l’impression d’un peuple qui a perdu confiance en soit, envers ses entreprises, gouvernants, marques. Or, quand on sonde les gens, ils sont plus pessimistes sur l’avenir du pays que pour eux-mêmes ! Peut-être est-ce lié à la perte de statut de puissance française après la Seconde guerre puis la décolonisation ? En tout cas, nous ne sommes pas Schumpetériens : on voit ce qui se détruit pas ce qui se construit. Comme dit le proverbe africain : « l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse ». Tout ça fait qu’on a du mal à vibrer pour les projets collectifs.

Justement, beaucoup dirigeants ne se montrent-ils pas incapables d’associer les salariés à leurs décisions ?

J’en suis convaincu. Colombus café (qu’il a quittée en 2004, Ndlr) s’est plantée au départ. C’est en se basant sur les idées d’employés au Smic que la chaîne s’en est sortie. Dire que nous voulons faire passer les 15 meilleures min d’une journée au client, ce n’est pas du baratin, c’est une culture d’entreprise qui valorise ! Le management aujourd’hui, c’est donner un sens au travail, surtout avec la nouvelle génération Y. La hiérarchie française est particulièrement pesante, passe son temps à dire ce qui ne va pas sans jamais dire « bravo » et « merci ». Très français aussi, je pense, un recrutement basé sur le technique au détriment des qualités humaines.

Vos clefs pour réussir ?

Optimisme, innovation, services clients. Il y a trop d’embûches en France. Il faut faire avec, être insensible aux mauvaises nouvelles, exporter les bonnes. Et il y en a. La contrainte révèle le talent. Le tout c’est de porter un projet qui booste, ne pas raisonner petit mais rêver grand. Quand il y a échec, on se repose, on analyse on repart.

Propos recueillis par Xavier Alix

Jeudi 26 mars à 19 h à l’amphithéâtre Télécom de Saint-Etienne

Inscriptions : https://www.weezevent.com/cjd-conference-philippe-bloch



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