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La Mutualité française invente une nouvelle forme de soin pour l'anorexie mentale

Loire le 12 octobre 2015 - Louis Thubert - Sciences, Santé, Environnement - article lu 532 fois

La Mutualité française invente une nouvelle forme de soin pour l'anorexie mentale
Louis Thubert - A gauche, les docteurs François Lang et Yves Fréjafon. Tout à droite, Marianne Darfeuille et Jean-Pierre Taite.

Une colocation particulière a vu le jour à Feurs : des patients atteints de troubles alimentaires vivent ensemble, sous l'égide du domaine mutualiste l'Arzille. Ce dispositif permet de les ancrer dans la vie sociale, tout en poursuivant un suivi.

Plutôt que guérir à tout prix, soigner. Et surtout, empêcher la désocialisation dont sont victimes les personnes souffrant d'anorexie mentale. En ouvrant une structure expérimentale à Feurs, la mutualité française de la Loire vise à offrir un cadre sociale à ces malades. Adossé au domaine mutualiste de l'Arille, « l'appartement thérapeutique » va accueillir à terme quatre adultes, accompagnés par un éducateur spécialisé et une aide médico-psychologique. Sans oublier psychomotricien, médecins psychiatres et endocriniens, et entretiens psychologiques.

« Nous ne sommes pas dans une optique de soin, mais d'accompagnement » précise le professeur François Lang, psychiatre au CHU de Saint-Etienne. Yves Fréjafon, pédopsychiatre consultant pour la Mutualité française de la Loire, explique l'importance qu'il y a à maintenir du lien social :« Il y a des cas de jeunes femmes qui s'isolent progressivement et vont mourir dans leur coin ».

Impossible il y a quinze ans

Pour le moment, il y a deux résidents à Feurs. « Des personnes adultes dont l'anorexie est chronicisée », indique Karine Duguey, qui dirige l'établissement mutualiste de l'Arzille, à Feurs. « Pourquoi s'installer à Feurs ? Le pôle ressource de Saint-Etienne est proche, et c'est une ville dynamique qui dispose d'une accessibilité intéressante » ajoute la directrice. Les colocataires - car l'appartement est une colocation - sont connus des commerçants foréziens et intégré à la vie sociale locale. « C'était quelque chose d'impossible il y a encore quinze ans », salue Karine Duguey.

Quotidiennement, des professionnels de l'éducation et du soin viennent s'assurer du mieux-être des patients. La structure n'existe que depuis quatre mois et a obtenu une subvention du Fonds national de solidarité et d'action mutualiste. « L'anorexie mentale est un peu trop objectivée, le but est de se dégager de ce corps objet et de permettre aux patients de se réapproprier leur corps » souligne le docteur Fréjafon.

Louis Thubert



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