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La méthanisation, de la Vendée à l'Isère

Isère le 26 juin 2015 - Claire Thoinet - article lu 285 fois

La méthanisation, de la Vendée à l'Isère
Claire Thoinet - Les participants au voyage d'étude sur la méthanisation

GrDF a emmenés une délégation d'élus isérois visiter une unité de méthanisation agricole située à Mortagne-sur-Sèvre (85) qui fonctionne depuis un an. L'occasion a été, pour ceux-ci, de découvrir en dimension réelle comment AgriBioMéthane opère dans son milieu pour valoriser les lisiers et concourir à une indépendance énergétique.

L’unité de méthanisation à la ferme produit du biométhane qui, mis en conformité, est injecté dans le réseau de gaz de la ville de Mortagne-sur-Sèvre, alimente 500 foyers (1 500 habitants), soit 15% de la consommation. Les canalisations existent à proximité (sinon il s’agira de cogénération qui produira électricité, chaleur…), de même que le débouché en termes de consommation. Le processus contribue à réduire les gaz à effet de serre, les odeurs, les achats d’engrais chimiques et à créer des emplois. Dix agriculteurs de quatre exploitations agricoles (élevages laitier, porcin, de canards), situées dans une aire géographique restreinte, ont réalisé le site, premier de la région Grand-Ouest, qui produit du gaz vert depuis avril 2014. Ce dernier est obtenu grâce à la méthanisation de 16 000m3 d’effluents (lisiers et fumiers) issus des quatre fermes et de 6 000m3 de sous-produits agroalimentaires (graisse de poulet, déchets de biscuiterie). Les premiers, qui représentent les 2/3 d’apport (une unité agricole exige un apport fermier d’au moins 51%), contribuent à un tiers du biogaz. Ce dernier est épuré avant injection. En parallèle, le digestat, pour 80% liquide, est épandu sur les terres quand le reste, solide, devient du compostage (engrais organique).
Pour GrDF, le but du voyage d’étude doit amener à faciliter le développement de projets en Isère. L’entreprise prévoit que 10-20 % de gaz issu des énergies renouvelables (valorisation des déchets, méthanisation…) en 2030, et 50% à l’horizon 2050, viendraient se substituer à celui provenant des énergies fossiles de Russie, du nord de l’Europe et de l’Afrique. Le réseau des communes gazières concourra ainsi au développement durable.
Un autre objectif est d’impacter les transports avec 10% d’énergie renouvelable (-20% gaz à effet de serre, -90% de particules, - de bruit…). Déjà, des flottes captives se convertissent (Grenoble, Rillieux-la-Pape, Chambéry…).
Le distributeur exploite et maintient les réseaux pour le compte des communes. Il ne facture pas le produit final. En Isère, la première injection pourrait bientôt intervenir, réalisée par la station d’épuration Aquapole dans le bassin grenoblois. D’autres projets sont à l’étude. Quelle que soit leur avancée, les élus (Département, communautés de communes, municipaux) et des représentants de la chambre d’agriculture et de territoires de l’Ain et du Rhône se questionnent, ne voulant pas laisser faire n’importe quoi.
« Je suis sollicité par les territoires ou je le serai, je ne connais pas le sujet, je m’informe », explique Robert Duranton, vice-président au Département pour l’agriculture, l’irrigation, la filière bois et l’environnement. Pour d’autres, il s’agit de réhabiliter le sujet. Le transport des intrants, les odeurs sont des questions cruciales. Sur le territoire de la communauté de communes Saône-Beaujolais, le projet en cours, de 25 M€, en est à la phase de savoir "qui va le porter financièrement".
La méthanisation fait partie d’un ensemble de réponses à l’autonomie énergétique des territoires. Alors que des projets essaiment, l’optimisation de l’exploitation des déchets organiques est en route.

Claire Thoinet
 

Méthanisation à Anthon, la contestation continue

Le projet porté par Saint-Louis énergie ne fait pas l’unanimité, alors qu’il a reçu récemment un avis favorable, avec quelques réserves et recommandations, à la suite de l’enquête publique. L’association de défense environnementale du Nord-Isère (ADENI) a réuni dernièrement près de 400 personnes, malgré une météo peu propice. Elles ont cheminé le long du bois des Franchises pour se rendre sur le site qui sera impacté par le projet d’installation. « C’était là notre première action, d’autres, peut-être moins champêtres suivront », précise Yves Bellon, président. Il évoque un projet industriel, des subterfuges administratifs, des intrants qui pourraient être d’origine inconnue, la volonté de faire prendre conscience aux autorités que le monde agricole n’a pas, sous quelque prétexte que ce soit, à assumer le travail des collectivités, l’occasion de faire disparaître des polluants au travers de cette dispersion à grande échelle qu’est l’épandage. Bruno Bon ,maire d’Anthon et Daniel Beretta, maire de Villette-d’Anthon, représentant les élus de la communauté de communes Porte dauphinoise Lyon-Saint-Exupéry, les accompagnaient.
 



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