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La météorologie de la Loire au fil des siècles

Loire le 05 août 2015 - Louis Pralus - Société - article lu 194 fois

La météorologie de  la Loire au fil des siècles

Les curés ont toujours observé la météorologie dans le Forez. En marge des registres paroissiaux on lit le temps qu'il faisait au XVIe, XVIIe, XVIIIe siècle.

Le froid est, de très loin, l'intempérie la plus forte et la plus longue. En 1598 la neige a huit pieds de haut et sur les Monts du Forez elle ensevelit les maisons. En 1613 elle couvre la campagne sans interruption depuis le 2 novembre jusqu'au milieu de mai 1614 ;  le 1er août 1618 elle recouvre les Monts du Forez. La neige fait du mal aux cultures et aux arbres fruitiers mais également aux habitants et certaines fois aux enfants. Ainsi en mars 1746 des enfants de Marcoux, revenant du catéchisme, sont pris dans une tempête de neige si violente qu'ils restent bloqués pendant trois jours au hameau de Gautérel.

Quand il n'y avait pas la neige qui paralysait tout il y avait la gelée. Elle pouvait faire du mal. C'est ainsi qu'elle détruisit toutes les vignes de Feurs les 11 et 12 juin 1615. Mais l'hiver, qui est resté dans les annales de la météorologie forézienne comme le plus rigoureux du XVIIIe siècle, est celui de 1708-1709. Il commença par un froid terrible le 5 janvier 1709. Et pendant trois semaines il sévit dans tout le Forez. Le bilan fut désastreux : quasi toutes les récoltes gelées, les vignes à peu près toutes détruites et il ne resta que 10 % d'arbres fruitiers. La Loire, quant à elle, fut gelée entièrement à Feurs de janvier à février et en 1788 et 1789 on pouvait à nouveau la traverser à pied.

A côté du froid et des gelées on connut aussi  de terribles  inondations comme en 1709, 1760, 1763, 1773, 1789 et 1790. Il y eut par ailleurs  d'affreuses sécheresses. Pour exemple l'année 1556 où il ne plut pas à Feurs durant neuf mois, du 4 mars à la fin novembre.
Une coutume  : au premier coup de tonnerre le marguillier de la paroisse devait sonner les cloches. Tant que l'orage grondait il sonnait les cloches à toute volée ; parfois plusieurs fois dans la journée et même la nuit . Le lendemain il passait dans les fermes chercher sa récompense : un peu de grain pour ses poules, des fromages, un saucisson... Des registres relatent qu'à Saint-Germain-Laval, au XVIIIe siècle, les paroissiens étaient répartis en groupes de six ou sept pour chaque jour du mois pour aller sonner les cloches tant de l'église paroissiale que de  l'église de La Madeleine « pour la conservation des fruits de la terre quand ceux-ci étaient menacés par la tempête et que le tonnerre se faisait entendre. »

Louis Pralus



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