Fermer la publicité

Le Secours catholique de l'Isère invente la mécanique du cœur

Isère le 13 novembre 2015 - Caroline Thermoz-Liaudy - Société - article lu 158 fois

Le Secours catholique de l'Isère invente la mécanique du cœur
Caroline Thermoz-Liaudy - Le garage solidaire d'Echirolles répare, entretien et vend des voitures aux plus démunis

A l'occasion de la présentation de son rapport d'activité, le Secours catholique de l'Isère avait donné rendez-vous à la presse dans les locaux de son garage solidaire : Solidarauto. Ou quand la mobilité devient un besoin vital.

La mobilité est plus que jamais au cœur des projets et des modes de vie. Pollution, transports en communs, prix des carburants…Autant de questions que l’on se pose lorsqu’on a la possibilité de se déplacer. Le secours catholique pose de son côté une autre question, celle des personnes pour qui elle n’est plus possible, y compris dans une agglomération comme celle de Grenoble, fortement desservie par les transports en commun, aux tarifs adaptés aux revenus de chacun.

Le président Guy Brachet explique : « Plus la précarité est forte, plus la mobilité pose problème. Et lorsqu’on n’a pas de moyen de transport, on ne peut pas toujours aller travailler. C’est le cas pour ceux qui travaillent à des heures de nuit où la desserte n’est pas ou peu assurée. »

Un garage solidaire

L’association a donc créé en 2013, avec le soutien de bénévoles, un garage solidaire, pour rendre aux plus démunis, le droit de se déplacer, de travailler, de voir de la famille ou des amis, bref, le droit au lien social. Solidarauto 38 est basé à Echirolles, et propose deux genres de services. D’abord l’atelier qui permet d’entretenir et de réparer des voitures à prix coûtant (33 € de l’heure, alors que la moyenne Insee est fixée à 75 €). Le directeur du garage explique : « Nos bénéficiaires ont un quotient familial à 750 €, soit de très faibles revenus. Nous avons recruté six professionnels de la mécanique en CDI, et le prix de l’heure ne sert qu’à les payer et payer les charges ».

L’autre partie est une activité concessionnaire basée sur le don. Le particulier qui souhaite changer de voiture, et qui ne bénéficie pas forcément d’une aide à la reprise peut donner au garage son ancien véhicule. L’association s’occupe alors de le remettre en état, et de le vendre aux bénéficiaires du secours catholique par le biais de micro-crédit. En un peu plus de deux ans, 200 voitures ont ainsi été vendues, et 2 200 personnes ont été accueillies en atelier.

Deux bénéficiaires de véhicules étaient également présentes ce jour-là. Elles tenaient le même discours : « J’avais perdu le contact avec les gens, et en arrivant chez Solidarauto, j’ai été traitée comme une personne. Aujourd’hui, ma vie a changé, j’ai un petit boulot, et je peux aider mes amies. C’est un relais. Le micro-crédit, le secours catholique et Solidarauto m’ont redonné une vie. » Le label Solidarauto a été déposé, et peut désormais être développé au niveau national.

Caroline Thermoz-Liaudy
 

 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide