Fermer la publicité

La maison de retraite de Saint-Jodard ferme le 31 juillet

Loire le 05 juin 2015 - Louis Pralus - Roannais - article lu 468 fois

La maison de retraite de Saint-Jodard ferme le 31 juillet

Ouverte en 1995, en liquidation judiciaire, elle fermera le 31 juillet. Un cas unique.

C'est un cas unique : une maison de retraite en liquidation judiciaire. Cas unique aussi : c'est une maison de retraite 100 % privée, créée par Mme Kowina, son ancienne directrice et lui appartenant entièrement 

Elle héberge 20 résidents venant d'une vingtaine de kilomètres à la ronde et occupe 19 salariés. Le matin le petit déjeuner se prend quand on veut jusqu'à 10 h.  Les pensionnaires adorent cet esprit familial. La doyenne, Claudia Roze, 102 ans, de Saint-Paul-de-Vézelin : « Ici c'est notre famille ! » Confirmation de la plus ancienne, arrivée il y a 18 ans, Marie-Louise Garnon d'Amions : « on s'occupe bien de nous, on est bien entourés tout le temps, les dames sont tellement gentilles... »

Le personnel avait compris qu'il n'y avait plus d'espoir.  Un redressement judiciaire avait été prononcé en avril mais avec un prix de 45 € par jour pour ceux qui n'avaient pas l'APL et  20 lits, difficile de se remettre à flots. Le groupe Coallia, qui possède la maison de retraite privée de Lay, était intéressé mais le tribunal de commerce ne l'a pas retenu. D'après la déléguée du personnel , Mme Péatier, il n'y avait plus de trésorerie au-delà de juillet. D'autres membres du personnel en conviennent : « aujourd'hui il faut 70 lits... », « Une structure aussi petite, entièrement privée, ne pouvait pas durer. » L'ancienne direction avait porté à 30 le nombre de lits mais les 5 lits rajoutés n'avaient pas eu l'autorisation de la direction régionale de la santé et elle a dû les fermer. D'où perte de recettes et impossibilité de rendre la maison rentable.

Désormais, ça sent le déménagement. Le directeur s'affaire dans tous les sens et rassure : « On écoute le souhait des familles pour placer les résidents ». Déjà deux familles ont enlevé leurs résidents. Avec les regrets de quitter Saint-Jodard, la même phrase revient : « on n'avait pas d'autre solution... » L'ARS aide à reclasser les résidents et pourrait aider à reclasser le personnel. Peut-être à la maison de retraite de Neulise qui doit s'agrandir. Mais d'ici là des aides-soignantes auront définitivement tourné la page, emportant un sentiment de mal être après cette fermeture.

Louis Pralus



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide