Fermer la publicité

La Loire réagit vite pour amorcer le plan de soutien aux éleveurs

Loire le 10 août 2015 - Emilie Massard - Sciences, Santé, Environnement - article lu 106 fois

La Loire réagit vite pour amorcer le plan de soutien aux éleveurs
Emilie Massard - Les éleveurs attendent les actions qui découlent de ce plan de soutien

Le préfet de la Loire a convié tous les acteurs de la filière agricole dans une cellule d'urgence destinée à mettre en place dans le département le plan de soutien à l'élevage annoncé par le gouvernement. De quoi permettre aux 4 000 agriculteurs ligériens de voir l'avenir moins sombre, même si les syndicats attendent de voir les faits qui suivront les annonces.

Le plan de soutien adopté par le gouvernement le 22 juillet dernier n’a pas convaincu tous les agriculteurs, inquiets pour leur avenir, mais pour nombre d’entre eux, c’est une bouffée d’air qu’il leur promet, du moins dans un premier temps. Les services de l’État du département de la Loire ont été parmi les premiers à réagir en réunissant une cellule d’urgence avec tous les acteurs du secteur : chambre d’agriculture, syndicats, Département, MSA, BPI France, les banques mais aussi le réseau des centres de conseil en gestion. « L’objectif est de donner une réponse immédiate aux agriculteurs qui souffrent des tendances de prix baissières de ces derniers mois notamment sur les bovins et sur le lait », précisait le préfet Fabien Sudry, à la sortie de cette réunion. « Ces éleveurs en difficulté sont nombreux, notamment parmi les jeunes. Une instance technique va être mise en place dès les prochains jours pour identifier les exploitations qui ont des difficultés et appliquer des mesures à court terme. »

Plusieurs types d’actions pourront être engagées pour ces exploitations en difficulté : des exonérations d’impôts et de taxes, applicables immédiatement ; un réaménagement des dettes ou encore la prise en charge de charges sociales par l’État grâce à une enveloppe régionale de 4,5 M€, dont 90 % sont disponibles immédiatement. « Sachant que la Loire est le premier département d’élevage de la région, les fonds alloués à nos éleveurs seront conséquents », ajoutait François-Xavier Cereza, directeur de la DDT Loire. On compte en effet près de 4 000 éleveurs dans la Loire, et chaque année ce sont une centaine de jeunes qui s’installent, à 80 % dans les filières de viande bovine et du lait. « La cible de ces actions seront principalement les jeunes agriculteurs et les récents investisseurs », précisait Raymond Vial, président de la Chambre d’agriculture de la Loire. « On estime à environ un millier le nombre d’exploitation qui pourra en bénéficier. »

Des mesures pour soutenir les éleveurs au plus long terme ont également été discutées, et le préfet s’est engagé à un plan de contrôle renforcé sur la traçabilité et l’étiquetage des produits en grande distribution dans les prochains mois et à saisir les principales collectivités sur la question de l’utilisation des produits locaux dans les systèmes de restauration publique. Une réunion publique a déjà eu lieu au mois de juin sur ce thème, avec l’objectif de travailler sur la rédaction de cahiers des charges des marchés publics pour favoriser les circuits courts. « Nous veillerons également à ce que les engagements des uns et des autres soient suivis par des faits, notamment sur la hausse du prix de la viande, qui doit augmenter de 5 centimes au kilo par semaine pendant 8 à 10 semaines, et le prix du lait dont l’objectif est d’atteindre les 340 € par tonne », précisait Fabien Sudry. Des engagements sur lesquels les éleveurs seront très vigilants, notamment en ce qui concerne la grande distribution et les industriels de la filière laitière.

Emilie Massard

Sécheresse : procédure de calamité lancée

Lors de cette réunion, le préfet a annoncé avoir lancé la procédure de calamité pour la sécheresse, pour espérer obtenir des compensations de la part du fonds national des calamités pour la perte de fourrage des agriculteurs ligériens. « On souhaite sensibiliser le ministère sur la situation de la Loire », ajoutait le préfet. « Le département a connu 37 % de pertes de fourrage sur les premières coupes, seul le Rhône a connu des pertes plus importantes en Rhône-Alpes (40 %) ». Une situation qui demande une réaction rapide : « Il faut aller vite pour donner des réponses rapides aux agriculteurs », estimait Raymond Vial. « On avisera ensuite à l’automne selon la situation après les coupes de maïs. »



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide