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La lente urgence de l’hôpital de Voiron

Isère le 17 mai 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 2225 fois

« Il n’y a pas eu de surprise pour moi.

J’avais soulevé pendant les mois qui ont précédé l’élection des problèmes de procédures dans la maitrise foncière des terrains, puisque 12 ha avaient été identifiés pour accueillir le nouvel hôpital. Sur ces 12 ha, 4 ont été achetés à l’amiable, et 8 ont fait l’objet d’un contentieux puisqu’il y a eu 2 Délégation d’Utilité Publique (une pour les voiries, une pour l’hôpital), qui ont servi de base à l’expropriation des propriétaires à un prix définit par le tribunal » explique Julien Polat. En plus du rachat du terrain, une indemnité compensatoire a été versée aux propriétaires qui ont tout de même fait un recours contre les DUP. Et il y a environ 2 ans, le tribunal administratif de Grenoble leur a donné raison (il y avait 2 DUP là où ne devait y en avoir qu’une seule), décision confirmée par la cours d’appel du tribunal administratif de Lyon pendant l’entre-deux tours.
« Aujourd’hui donc, ces DUP ont été annulées. Il nous reste peu d’options : soit on refait appel en se pourvoyant au conseil d’Etat, qui pourrait confirmer les deux premiers jugements. Soit on relance une nouvelle DUP d’ensemble afin qu’elle ne soit pas attaquée de la même manière que les précédentes, mais les procédures rallongeraient le délai jusqu’à mai 2016. Soit on engage de nouvelles négociations à l’amiable avec les propriétaires afin de trouver un accord sur le prix, cela mettra moins de temps, mais coûtera forcément plus cher. En tout état de cause, ça veut dire que la promesse de première pierre en 2015 telle qu’elle a été faite par la précédente municipalité, n’est pas possible. »
L’autre problème soulevé par le nouvel élu, c’est le financement. « On est sur un projet d’environ 100M€, dont la moitié est apportée par l’hôpital, 23M€ ont été mis à disposition par l’Agence Régionale de Santé (ARS), et on attendait 27M€ de la part de l’Etat. Or l’Etat ne donnera finalement que 21M€. Il reste donc 6 M€ dont on ne sait pas qui va payer. C’est la situation que je trouve aujourd’hui. » Conclut le maire non sans reconnaitre qu’il s’agit d’une des priorités. A ce titre, un rendez-vous a été organisé dans les jours qui ont suivi son élection avec le directeur de l’hôpital, le président de la clinique de Chartreuse, et le Pays Voironnais. Et après le premier conseil de surveillance (le 19 mai), une nouvelle rencontre sera organisée, en présence aussi de représentants de la préfecture, de l’ARS, et des parlementaires de manière à mettre sur la table toutes les informations et que soient actés les grands axes d’une stratégie commune.
« Sur le projet on sera obligé de rester sur les fondements de ce qui a été validé par le Copermo, qui n’est pas satisfaisant sur tous les aspects parce que ça veut dire plus de biologie, plus de stérilisation, et peut-être un hôpital plus petit…Mais à ce stade, et aux vues des difficultés financières et foncières, il ne serait pas raisonnable que l’on ajoute de nouvelles incertitudes par nos propres décisions. »

Caroline Thermoz-Liaudy



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