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La future métropole grenobloise travaille à la compétence éco

Isère le 18 novembre 2014 - Eric Séveyrat - Région grenobloise - article lu 1206 fois

La future métropole grenobloise travaille à la compétence éco
Ça y est, Grenoble-Alpes Métropole, qui est encore une communauté d'agglomération jusqu'au 31 décembre 2014, a voté à la majorité la prise de compétence pleine et entière sur l'économie dans l'agglomération, avec la mise en place de la Métropole au sens de la loi de réforme territoriale, à compter du 1er janvier 2015. Dans la foulée, la future Métropole grenobloise englobe le tourisme et la voirie. Les élus, la majorité en tous cas, et les autres aussi, même s'ils n'ont pas voté pour, comptent bien sur cette compétence éco, pour renforcer la cohérence et l'attractivité de l'agglomération, avec pour objectif : l'emploi.

La majorité de gauche (« plurielle ») a voté pour cette prise de compétence dans les termes présentés.

La droite « classique » a voté » l’abstention, alors que le FN votait contre. Quoiqu’il en soit, la prise de compétence économique est le passage obligé imposé par l’Etat et le législateur. Depuis l’élection municipale de mars dernier, il était difficile de parler économie individuellement avec les communes dans l’agglomération, surtout avec la ville centre, qui, le rappelle le maire Eric Piolle : « Nous n’avons pas nommé d’adjoint au maire chargé de l’Economie à Grenoble. » Le Front national emmené par Mireille d’Ornano dans les rangs de l’agglomération, a voté contre, arguant du manque d’informations sur les transferts de personnels et de budgets des communes vers l’agglo. L’opposition (UMP) a voté l’abstention, Richard Cazenave mettant en avant selon lui : « Le manque de vision et d’ambition […]. » Marie-Christine Tardy, pour sa part, a remis sur la table : «  Le problème de l’accessibilité grenobloise, de son manque de liaison grande vitesse TGV, décourageants pour les investisseurs, selon Mme Tardy. »
Le maire de Grenoble ne l’entend pas de cette oreille, et tient à rappeler que la ville, est avec Nancy, la grande ville qui possède le moins d’emplois sur son sol intra-muros, d’où l’intérêt redoublé de la compétence de l’agglomération en matière économique. Sur les transports, Eric Piolle estime qu’il vaut mieux « travailler sur de meilleures liaisons TER que sur les TGV. » Selon la majorité communautaire, le gain de temps d’un TGV Lyon-Grenoble serait trop faible pour justifier des investissements d’infrastructures très lourds.  Par ailleurs, le maire de Grenoble pense, avec sa majorité, qu’il faut entamer un travail en matière économique, avec les importantes communautés de communes et d’agglomération que sont, respectivement le Grésivaudan et le Voironnais, pour ne pas générer plus de concurrence infra-territoriale, de même avec Lyon, pour faire cesser « les querelles de chapelle ». Il fut fait allusion au dumping foncier qui se pratique entre agglomérations.

Un comité métropolitain de commercialisation

Pour le président Christophe Ferrari : « C’est un cap franchi, il faut « Regarder d’où l’on vient. Ce morcellement de 49-50 communes qui était le nôtre [...] Désormais, nous allons établir un schéma stratégique pour demain. Il faut qu’une entreprise ou une start-up qui s’installent, ne trouvent qu’une seule porte d’entrée pour toute l’agglo, avec deux mots d’ordre : clarifier-simplifier. »
Christian Coigné, maire de Sassenage, rappelait : « Il faut écouter les communes et surtout consolider l’emploi et les entreprises existants […] » demandant d’urgence la constitution  d’un comité de suivi des entreprises.
Le sénateur maire de Domène, Michel Savin insista de nouveau sur les liaisons grande vitesse, et sur le périmètre de l’agglo en termes de transports (Métro+ Voironnais ?+Grésivaudan ?) qui va nécessairement se retrouver sur le « Versement transport » dû par les entreprises de la Métro.
Le président Ferrari annonça la création d’un comité de commercialisation concernant le foncier aux entreprises « Que les maires soient acteurs ? D’accord, affirma-t-il, suite à la demande de plusieurs édiles de la Métro, mais l’intérêt général de la Métropole devra rester au-dessus de l’intérêt individuel de la commune. Le grand danger c’est que tout tourne autour de la ville centre […] J’aimerais bien que l’on ait tous les jours des problèmes d’implantations d’entreprises […] on sait bien que certaines communes, toujours les mêmes, engrangent systématiquement sur leurs sols, les activités industrielles potentiellement dangereuses ou polluantes. Il faudra parler de cela aussi.  »
Le train de l’économie de la nouvelle Métropole ne vient que s’ébranler en gare de Grenoble avec ses nombreux wagons, saura-t-il trouver la bonne vitesse de croisière entre les vitesses TER et TGV indispensables au développement du territoire ?

Eric Séveyrat


La métropole - La Métro au crible de l’Insee

L’Insee publie une étude sur l’agglomération grenobloise (www.insee.fr).  Deuxième agglomération rhônalpine, Grenoble-Alpes Métropole représente 7 % de la population régionale et 36 % de celle de l'Isère (433 000 habitants). Son rayonnement scientifique et universitaire attire de nombreux étudiants, ainsi qu'une population d'actifs jeunes et diplômés. Avec 220 000 emplois, la métropole est le principal pôle d'emploi du département. Le chômage y reste toutefois élevé même s'il progresse moins vite qu'ailleurs. Du fait d'un mouvement de périurbanisation qui s'amplifie, la croissance démographique du territoire est faible. Simon Desgouttes et Axel Gilbert, (Insee Rhône-Alpes) qui ont mené l’étude, note les principales remarques suivantes en guise de tête de chapitres, qui s’égrènent comme autant de constats sur lesquels les élus métropolitains doivent travailler  : Grenoble-Alpes Métropole : « une agglomération jeune, spécialisée dans les activités scientifiques ; l’attractivité à l’égard des étudiants ne compense pas le déficit migratoire des actifs et retraités ; une croissance démographique plutôt faible ; un espace fortement contraint par la densité et le relief ;  un appareil productif spécialisé dans l’industrie de pointe et la recherche et développement scientifique ; une majorité d’actifs diplômés de l’enseignement supérieur long et une forte proportion de cadres ; des navettes domicile-travail nombreuses et déséquilibrées. »



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