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La fin des soirées au coin du feu ?

Loire le 23 janvier 2015 - Emilie MASSARD - Sciences, Santé, Environnement - article lu 350 fois

La fin des soirées au coin du feu ?
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Pourra-t-on encore passer une soirée auprès d'un chaleureux feu de cheminée demain ? Les feux de cheminées posent de nombreuses questions de sécurité, mais aussi environnementales. Prévention, interdiction : le point sur les règlementations en vigueur et à venir autour de ce sujet.

L’information avait fait grand bruit lors de son annonce : la préfecture d’Ile-de-France a pris un arrêté fin 2014 pour interdire les feux de cheminées à foyer ouvert dans la région. Depuis, la préfecture de Paris est revenue dessus, et sera sans doute suivie par ses voisines, mais le débat a été ouvert. Cette décision a été prise suite aux préconisations affichées par les plans de protection de l’atmosphère (PPA), révisés en février 2014. Ces PPA, et notamment celui qui concerne l’agglomération stéphanoise, déclinent une série d’actions à mettre en place pour lutter entre autres contre la pollution aux particules fines, dont le chauffage au bois est en partie responsable.

Sur le périmètre des 55 communes concernées par le PPA local (agglomération stéphanoise étendue à quelques communes du sud Loire et de la Haute-Loire), la moyenne annuelle montre que 29 % des émissions de particules fines proviennent du secteur résidentiel, et donc en majorité du chauffage au bois. La contribution du chauffage au bois dans cette pollution est encore plus importante en hiver. Plusieurs actions ont donc été listées par le PPA pour faire diminuer cette contribution, à commencer par la sensibilisation.

Le mode de combustion : le vrai problème

« La principale difficulté reste la prise de conscience des utilisateurs, note Pierre Brun, chargé de mission sur le bruit et la qualité de l’air au service développement durable de Saint-Etienne Métropole. On présente souvent le bois comme une énergie renouvelable, ce qui est vrai, c’est un bon produit mais il faut prendre des précautions quant à son mode de combustion. La pollution concerne essentiellement les cheminées et les premières générations de poêles à bois. » Pas question donc de mettre au ban tous les équipements de chauffage au bois, mais l’objectif est de sensibiliser le grand public, de l’informer sur les solutions peu polluantes et les aides qui existent pour installer ces équipements.

Si des arrêtés inter-préfectoraux ont d’ores et déjà été pris pour prévoir des interdictions en cas de pics de pollution, l’interdiction permanente de l’utilisation des foyers ouverts n’est pas à l’ordre du jour dans la Loire, selon Aurélie Moreau, inspectrice des installations classées en charge du PPA pour la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). « D’autres mesures sont prévues en priorité, comme une enquête sur la façon dont les gens se chauffent, et des opérations pour renouveler les foyers anciens », ajoute-t-elle. A Grenoble, des actions de formation des installateurs de chauffage ont par exemple été mises en place.

Si l’interdiction généralisée des feux de cheminées n’est pas pour demain sur notre territoire, les utilisateurs de cheminées ont quand même intérêt à se renseigner, notamment auprès de leur règlement de copropriété qui a la possibilité d’en interdire l’utilisation, selon plusieurs assureurs. Dans ce cas, les raisons sont plus certainement plus sécuritaires qu’environnementales. Dans la Loire, en 2014 le SDIS 42 a décompté 256 sinistres dus à des feux de cheminées, soit 9 % des incendies, et 40 % des feux en espace clos. « L’entretien des conduits de cheminées est primordial, rappelle le commandant Florence Rabat, chef du bureau prévention au SDIS 42. Les cheminées d’appoint doivent être surveillées, et éteintes la nuit où lorsqu’il n’y a personne dans le logement ».


Emilie Massard

Détecteurs de fumée obligatoires

Le 8 mars prochain, tous les logements devront être équipés d’un détecteur de fumée. Une information qu’essaye de relayer au maximum le SDIS 42, accompagnée de quelques conseils : « Les détecteurs doivent être marqués CE et NF, et l’obligation impose un appareil par logement », rappelle le commandant Florence Rabat. « Au-delà de l’obligation, il faut prendre conscience de l’utilité du dispositif et réfléchir à sa mise en place. Dans un logement à plusieurs étages, il vaut mieux en installer un par étage, pour être sûr de l’entendre, de même qu’il faut réfléchir à l’endroit où l’installer, pas dans une cuisine par exemple. C’est aussi l’occasion d’en discuter en famille et de rappeler les règles en cas d’incendie : le détecteur avertit d’un danger, mais il faut connaître la marche à suivre ensuite ».



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