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La chronique de Jacques Plaine : Quand j'étais vivant, d'Estelle Nollet

le 18 septembre 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 197 fois

La chronique de Jacques Plaine : Quand j'étais vivant, d'Estelle Nollet

Harrison, N'Dilo, Juma et Pearl ont eu la bonne idée de mourir ensemble dans une réserve d'Afrique et se retrouvent tous les quatre, et seulement tous les quatre, dans un petit coin d'éternité. Dans un lieu inconnu des mortels - encore vivants - que nous sommes. Harrison est Blanc, N'Dilo est noir, Juma est albinos noir, Pearl éléphante. Quand j'étais vivant d'Estelle Nollet est la dernière sélection du Prix Charles Exbrayat 2015

Avec un peu d’imagination et un zeste de foi chrétienne, judaïque, musulmane ou bouddhiste chacun peut ici-bas s’inventer un au-delà suivant sa fantaisie, ses codes et sa culture. Celui que nous propose Estelle Nollet décoiffe un peu, vu qu’il n’a rien à voir avec celui auquel Gustave Doré nous a habitués.

Dans un « ailleurs » qui n’est ni le paradis, ni l’enfer, ni même le purgatoire mais une sorte de huis clos où ceux qui sont morts ensemble se retrouvent face à un grand mur blanc sur lequel apparaissent les moments clefs de quand ils étaient vivants, Estelle Nollet nous présente Harrison, N’Dilo, Juma et Pearl. Quel sera leur avenir dans les limbes, l’azur et l’infini-indéfini qui les attend de l’autre côté du mur ? Chi lo sa ! Mais pour l’instant les trois hommes et l’éléphante sont face à leur passé proche, lointain, antérieur, composé ou décomposé, grâce à l’invention dont l’au-delà vient de faire l’acquisition, celle des frères Lumière.

Harrison, patron d’une réserve où il offre à des Tartarins - moyennant un bon prix quand même - la possibilité de se faire un lion ou un rhino, se détruit joyeusement au Whisky depuis que par vengeance un braco a fait exploser sa femme sur une mine. N’Dilo, son copain d’enfance qui a changé de ligne droite, trafique aux meilleurs prix l’ivoire et la corne de rhino tout en promenant sa Kalachnikov partout où la rébellion s’agite. Juma, un albinos dont un bras a été vendu une fortune pour porter chance à quelques fétichistes nantis, se refait une santé sous l’aile d’Harrison. Pearl enfin, qui parle aussi bien que les gorilles de « la planète des singes », raconte la vie et surtout la mort des éléphants : 20 millions en 1900, 350 000 maintenant. Grâce aux débats surréalistes mais non moins réalistes de ce ciné-club d’outre tombe, Estelle Nollet nous fait découvrir le tableau accablant de l’Afrique d’aujourd’hui malade des ses richesses.

Jacques Plaine

Vendredi 18 septembre à 18 h et à la mairie de Tarentaize village, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Estelle Nollet. Après l’enregistrement, repas à 19 h 30 suivi d’une marche lecture aux flambeaux sur le chemin Charles Exbrayat.



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