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La chronique de Jacques Plaine : Ouvriers et communistes à Saint-Étienne de Jean-Michel Steiner

le 09 avril 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 566 fois

La chronique de Jacques Plaine : Ouvriers et communistes à Saint-Étienne de Jean-Michel Steiner
Léon Ponce - Devant l'hôtel de ville de Saint-Etienne

Stéphanois depuis 1966, Jean-Michel Steiner s'est passionné pour Saint-Etienne. La ville face à l'immigration d'abord, la ville dans la Seconde Guerre mondiale, ensuite. Quand l'heure est venue d'envisager sa thèse de doctorat, proche des gens, des petites gens « métallos, mineurs, manuchards », il a tout naturellement pensé à eux.

Saint-Étienne, une grande ville industrielle pas tout à fait comme les autres parce que grande ville industrielle « avant » les autres. N’a-t-elle pas accueilli la première succursale provinciale de la Banque de France en 1807 et en 1825 la première ligne de chemin de fer d’Europe continentale - Saint-Étienne/Andrézieux - même si les chariots qui transportaient le charbon jusqu’à la Loire et ses « Rambertes » étaient encore tractés par des chevaux.

Saint-Étienne grande ville industrielle pas comme les autres parce qu’à l’ombre de très grandes usines de mécanique, métallurgie, textile, armes ou cycles, derrière Manufrance et le Casino, prospéraient une multitude de petites et moyenne affaires souvent artisanales. Entreprises souveraines dont les ouvriers et employés n’appréhendaient pas forcement la vie sociale et le vivre ensemble de la même façon que leurs grandes sœurs.

Mais à l’orée des « Trente Glorieuses » et aux premières heures de la Guerre Froide, comment cette ville, berceau du mouvement ouvrier, allait-elle accueillir le Parti communiste français ? Un départ pourtant en fanfare puisque après les combats d’Estivareilles le 22 août 1944 et la libération de la ville, le nouveau préfet nommé par le gouvernement provisoire - Lucien Monjauvis - était lui-même communiste.

Alors pourquoi fallut-il attendre 1977 et Joseph Sanguedolce pour que la ville s’offre un maire sorti du même moule ? Pourquoi le PCF ne faisait-il pas l’unanimité du monde ouvrier ? Comment les populations ouvrières ont-elles traversé les crises de 1947 et 1948 ? Quelques questions et bien d’autres auxquelles répond Jean-Michel Steiner dans un beau livre illustré de clichés de Léon Leponce. Un photographe belge né à Chavanelle (à l’époque place Notre-Dame) et dont 10 000 « plaques » sont toujours conservées aux archives municipales de Saint-Etienne.

Jacques Plaine

Métallos, mineurs, manuchards : ouvriers et communistes à Saint-Étienne (1944 - 1958), Jean-Michel Steiner, Publications de l’Université de Saint-Étienne), 28 €.

 

A plus d'un titre

Vendredi 10 avril, à 18 h et à la Librairie de Paris, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Jean-Michel Steiner. Avant l’émission à 17 h 15, même lieu, enregistrement public d’une « Carte Blanche » avec Laurent Blanchon, pour son livre Les Couramiauds (Croc Editions).



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