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La chronique de Jacques Plaine : Moi, Ota, rivière d'Hiroshima

le 17 mars 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 472 fois

La chronique de Jacques Plaine : Moi, Ota, rivière d'Hiroshima
DR - Mémorial de la paix d'Hiroshima en 2008

Dans 40 pays et en 25 langues, le théâtre de Jean-Paul Alègre fait un tabac. Sa dernière pièce Moi, Ota, rivière d'Hiroshima aura même - le 23 avril prochain - l'honneur d'une création mondiale à Tokyo.

C’est Ota, la rivière d’Hiroshima qui raconte. A la première personne. Elle qui de roche en roche descend du mont Kanmuri jusqu’à la mer de Seto. Elle qui - calme et majestueuse profonde mais pas trop - n’est que douceur. Ota raconte sa vie simple et tranquille de rivière-fleuve qui, des fulgurances de la montagne à la sagesse de la plaine, étale son bonheur dans la campagne d’Hiroshima.

Ota raconte aussi les lettres de deux jeunes enfants. Akimitsu, qui habite chez son oncle à Hiroshima - « une ville superbe entourée de montagnes boisées » - et Yoshi. Yoshi « son petit frère adoré » qui vit à Tokyo, grande ville dévastée par la guerre. Inquiète du quotidien difficile de Yoshi, Akimitsu l’exhorte de fuir la capitale: « Plus j’en discute avec Oncle et Tante, plus nous pensons que tu dois nous rejoindre à Hiroshima. »

Ota raconte - «  je passe, je coule, je bruisse…je suis toujours différente et toujours la même… » - oui, Ota raconte aussi une autre histoire. Une autre histoire née à la Maison Blanche le 11 octobre 1939. Dans le bureau ovale des présidents des Etats-Unis. Ce jour-là, Vannevar Bush expose au président Roosevelt - en citant Einstein, Henri Becquerel, les Curie et bien d’autres - qu’il sera bientôt possible de construire « des bombes d’un nouveau type dans des échelles de puissance qui défient l’imagination »… et précise que les Soviétiques eux aussi sont sur le coup.

Dans le fameux bureau ovale, au fil des rencontres Vannevar Bush et le président Roosevelt peaufinent le projet. Parlent d’Oppenheimer un jeune et génial physicien mouillé jusqu’au cou dans le dossier, de mille tonnes d’uranium nécessaire, de cent quarante mille personnes impliquées, de milliards de dollars d’investissement. A la mort de Roosevelt, le président Truman prend le relais, évoque des dates, des cibles, des fenêtres de tir…pendant qu’Akimitsu et Yoshi se réjouissent de leurs proches retrouvailles… à Hiroshima… le 6 août 1945.

Jacques Plaine

+ NOTES: Moi, Ota, rivière d’Hiroshima, de Jean-Paul Alègre, L’avant-scène, 10 €.

 

Vendredi 20 mars à Clé d’Voûte, 7 rue basse des Rives, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Jean-Paul Alègre.

Avant l’émission, même lieu et à 16 h 30 échange au sujet de sa pièce Blanche Maupas (centenaire 14-18) avec l’atelier théâtre du collège Pierre et Marie Curie de La Talaudière.



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