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La chronique de Jacques Plaine : Les montagnes chantaient la liberté, d'Hélène Legrais

le 03 septembre 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 66 fois

La chronique de Jacques Plaine : Les montagnes chantaient la liberté, d'Hélène Legrais
D.R. - Les montagnes chantaient la liberté, Hélène Legrais, Calmann-Lévy, 19,50 EUR.

Le 11 novembre 1940 - aux cris de « Vive la France » « Vive de Gaulle » et même plus ironiquement de « Vive… » en brandissant deux cannes à pêche (deux gaules !) - trois mille lycéens et étudiants affluent sur les Champs-Élysées, direction l'Etoile et la tombe du soldat inconnu.

D’abord surpris les Allemands sentent le gaz moutarde leur monter au nez, encerclent l’Arc de Triomphe et… c’est la débandade. Amédine et Daniel ne doivent leur salut qu’à un placard à balais dans lequel ils s’enferment au sixième étage d’un immeuble bourgeois de la rue de Ponthieu. Le lendemain les autorités allemandes ordonnent la fermeture de l’Université de Paris. Salut les copains, Amédine boucle sa valise et descend à Font-Romeu. Chez son pépé « le vieux Girvès ». Un dur de dur celui-là, paysan et propriétaire de l’hôtel des Isards et du salon de thé Le télémark. Amédine oublie Paris, la Sorbonne, le Boul’Mich pour se faire un prénom au Pays et quand le drapeau à croix gammée flottera sur le toit du Grand Hôtel et que de nombreux Juifs viendront au village chercher un passeur pour ailleurs, il se murmurera que la petite fille du vieux Girvès n’est pas seulement la copine angélique et innocente de Vincent le fils du charcutier mais une sacrée bonne femme.

C’est alors qu’un peu par hasard - mais est-ce vraiment un hasard ?- débarque à Font-Romeu l’étudiant du placard à balais de la rue de Ponthieu. Daniel. Daniel Meyer pour être précis qui n’a pas de nouvelles de ses parents depuis la rafle du Vél’d’Hiv et qui se verrait bien de l’autre côté des Pyrénées pour être plus précis encore.

Drôle d’ambiance à Font-Romeu par ces temps gris. Vert de gris même. Les Allemands tout d’ abord, de grands blessés qui se refont une santé avant de s’offrir une Croix de Fer - à titre posthume ils le pressentent - à Stalingrad, Smolensk ou dans la poche de Courlande. Les gros malins ensuite - comme « l’immonde René » - qui eux se font du beurre et l’argent du beurre en le vendant au marché noir. Les passeurs enfin, les bons qui risquent leur peau en sauvant celle des autres et les moins bons, les salauds même, qui se voient déjà dans les manteaux de leurs clients dont ils soupçonnent les doublures cousues d’or et de pierres précieuses.

Et puis il y a Amédine. La petite fille du vieux Girvès qui gère tout à la fois le mignon Vincent, le beau Daniel et l’incroyable Oberlieutenant. Un ancien étudiant du Quartier Latin piqué de poésie, cet Oberleutnant. Un observateur qui a tout vu, tout compris. Mais que fait un Oberleutnant de la Wehrmacht quand il a tout vu et tout compris ?

Jacques Plaine

Les montagnes chantaient la liberté, Hélène Legrais, Calmann-Lévy, 19,50 €.



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