Fermer la publicité

La chronique de Jacques Plaine : Le chant d'Aurore, d'Albert Ducloz

le 17 avril 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 166 fois

La chronique de Jacques Plaine : Le chant d'Aurore, d'Albert Ducloz

26 mars 1962. Alger. Devant la Grande Poste de la rue d'Isly, des tirailleurs du 4e RT - mal préparés aux missions de maintien de l'ordre - tirent sur la foule : 80 morts, 200 blessés. Pour certains ce sera « la fusillade » pour d'autres « le massacre » de la rue d'Isly.

Dans cette foule, la famille Mollkirch - le père, la mère, la fille - se trouve sous le feu des tirailleurs. La mère est tuée sur le coup et dans la folle bousculade qui s’ensuit Aurore, 6 ans, est séparée de son père. Pour elle ensuite c’est le trou noir. Elle se souviendra seulement avoir été prise en charge par des religieuses puis conduite dans leur couvent sur les hauts d’Alger.

Plus tard elle embarquera sur le Kairouan - le bateau qui nous avait débarqués en Algérie, appelés et rappelés d’alors. Toujours escortée de ses bonnes sœurs la voilà maintenant en France. A Prades exactement, au fin bout de la Haute-Loire et à quatre pas d’ici. Confiée à un couple sans enfants ravi de l’accueillir, Aurore va retrouver une seconde  maman  mais pas question d’appeler « papa » son père adoptif. Car si elle est sûre que sa vraie mère est morte  - elle la revoit encore étendue pleine de sang noir sur un trottoir d’Alger - elle est certaine aussi que son père est vivant. L’instant où la foule terrorisée les a séparés reste gravé dans sa mémoire.

Sans rien dire à personne - sauf à Thomas son petit voisin - elle se met en tête de le retrouver. Mais comment s’y prendre quand on est à Prades, qu’on ne veut partager son secret avec personne et surtout quand on a oublié son nom ? Car Aurore a enfoui au plus profond de sa conscience son nom de famille : Mollkirch. A 6 ans le traumatisme de la fusillade lui a ravi son passé. Il lui souvient seulement que son père lui parlait de l’Alsace. Oui de l’Alsace. Un pays du bout du monde quand on vit aux portes du Gévaudan.

De son côté, son père sait sa fille vivante et active sa recherche. Détective privé, procureur de la République, rien ne l’arrête. Il écrit même une histoire, la leur, bouteille à la mer qu’il lance sur le marché du livre. Mais plus le temps passe, plus il doute de reconnaître Aurore si le hasard lui faisait croiser sa route. Une certitude cependant. Sa voix. Il reconnaîtrait sa voix. Sa voix incomparable. Le chant d’Aurore.

Jacques Plaine

Le Chant d’Aurore, Albert Ducloz,  Editions De Borée, 21 €.

 

A plus d’un titre

Vendredi 17 avril à 18 h et à Clé d’Voûte, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Albert Ducloz. Avant l’émission à 15 h et au Pôle de Services, 12 rue Docteur-Calmette, de Roche-la-Molière, rencontre avec Albert Ducloz dans le cadre de « Lire à Roche ».



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide