Fermer la publicité

La chronique de Jacques Plaine : La terre des Falgères, de Florence Roche

le 04 mars 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 260 fois

La chronique de Jacques Plaine : La terre des Falgères, de Florence Roche

La saga de deux familles. Une de riches industriels stéphanois, l'autre de braves paysans du Velay. Deux familles embarquées dans la tourmente de la guerre - la Grande, celle de 1914-1918 - et liées par un monstrueux secret. Le dernier roman de Florence Roche.

Tout avait commencé 35 ans plus tôt. Dans un wagon de chemin de fer, entre Chartres et Saint-Étienne. Une rencontre banale comme on en fait dans les trains et qui aurait pu avoir ni suite ni conséquence si ce jour- là sur le quai de la gare de Châteaucreux, Blanche et son père ne s’étaient rendus compte qu’Antonin « le paysan franc et jovial » avec lequel ils avaient voyagé n’avait pas de correspondance pour remonter dans sa ferme. « La terre des Fargères » qu’il semblait tant aimer.

Ils l’avaient invité dans leur villa stéphanoise. Mauvaise pioche. Les grèves de 1881 vivaient leurs heures criminelles et un quarteron de voyous en furie avait investi l’usine et la maison familiale. Antonin avait été admirable de courage et de détermination. Blanche l’avait vu mettre les assaillants en fuite. Le bilan n’en était pas moins terrible, son père avait été assassiné dans l’atelier. Quant à elle… mais l’heure n’était pas aux lamentations. Elle n’avait que quinze ans, mais fille unique il lui revenait de faire tourner l’entreprise et il n’était pas question qu’elle se dérobe. Quelques mois plus tard elle se souviendrait d’Antonin. Elle savait qu’elle pourrait compter sur lui.

Viendra la Guerre. Avec sa part de malheurs, de blessés, de tués, de gueules cassées, de disparus. Les femmes feront face, prendront le pouvoir chacune à sa façon. Blanche avec la volonté de tout diriger, de tout régenter, d’écraser, de dominer, convaincue que son argent lui donnait le droit d’acheter les silences, les amours comme les compromissions. Blaisine la fille d’Antonin aura la même volonté mais avec humanité et amour. Toutes deux, attachées l’une à ses machines l’autre à ses terres, n’oublieront jamais qu’un jour il faut passer la main, transmettre, et en ce domaine force est de reconnaître que l’argent a ses limites.

Mais dans les usines de Blanche comme sur les terres de Blaisine pèsera toujours cette nuit d’Avril 1881. Cette nuit où Blanche avait découvert cet être d’exception que fut Antonin et aussi le pire des salauds, Louis Mercadier l’assassin de son père…entre autres.

Jacques Plaine

La terre des Falgères, Florence Roche, Calmann-Lévy, 19,50 €.

Vendredi 6 mars, à 18 h et à la Librairie de Paris, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Florence Roche. Avant l’émission à 16 h 30, même lieu, rencontre avec Florence Roche, à l’intention des intervenants de « Lire et faire lire »



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide