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La chronique de Jacques Plaine : Jean Cardot, la sculpture en mouvement

le 08 janvier 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 659 fois

La chronique de Jacques Plaine : Jean Cardot, la sculpture en mouvement

Lorsque Giacometti, Arp, Moore, Zadkine, Couturier, Auricoste et Arbus, attribuèrent à Jean Cardot, le Prix Antoine Bourdelle - « le Goncourt de la sculpture » - l'ensemble de son œuvre tenait dans un placard.

Un Winston Churchill en bordure du Petit Palais, un De Gaulle sur les Champs Elysées, la Grande Duchesse Charlotte au Grand Duché du Luxembourg, des sculptures un peu partout en France dont celle de l’ambassade des Etats-Unis à Paris et une sphère de 9 m de diamètre à Créteil, une exposition de 2 000 m2 aujourd’hui au musée national de Chine à Pékin : un demi siècle plus tard l’œuvre de Jean Cardot est sortie du placard pour conquérir le monde.

Membre de l’Institut, Grand Prix de Rome, pensionnaire de la Casa Vélasquez, Prix de Brantôme, Prix Antoine-Bourdelle, Prix Paul-Baudry, Jean Cardot n’en est pas moins Stéphanois. Son grand-père était tonnelier et amoureux du bois. Son père cheminot et passionné de sculpture. Toujours celle du bois, le dur, le noyer des métiers à tisser qu’il achetait pour le travailler dès que son quotidien aux « chemins de fer » lui en laissait le temps. Jean, lui, attendra l’âge de 45 ans pour oser se frotter à ce noble matériau même si à 11 ans il avait déjà fièrement annoncé la couleur : « Je serai sculpteur ! ».

Elève du lycée Claude-Fauriel, il profitera de la fermeture de l’établissement fin 1943 - on redoutait un bombardement -  pour s’inscrire à l’Ecole de dessin. Il y poursuivra ses études, deviendra professeur à l’Ecole nationale des beaux-arts de Lyon jusqu’en 1964, puis à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris jusqu’en 1995. Entre temps, l’Académie des beaux-arts l’avait installé sous la Coupole dans le fauteuil de Paul Belmondo. Le choc de sa vie il l’avait eu en 1953, à Delphes, lorsque tirant la porte d’une baraque en bois il se trouva nez à nez avec l’Aurige. « Dans l’obscure et silencieuse clarté de cette baraque, un jeune homme avide de savoir, vient d’apprendre qu’on peut faire de la sculpture avec des choses simples et vraies ».

Son combat avec la terre, la pierre, le fer, le bois, Mathilde Deschamps-Lotthé le raconte dans son film Jean Cardot, la sculpture en mouvement avec pour fil conducteur une des dernières œuvres du Maître : Jacques Chaban-Delmas.

Jacques Plaine


 

Vendredi 9 janvier 2014 à 18 h et à la Mairie de Saint-Étienne, salle Aristide-Briand, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Jean Cardot.
A 16 h 30 même lieu projection du film de Mathilde Deschamps-Lotthé. A 17 h 45 extrait du film d’André Picon : Les œuvres régionales de Jean Cardot.



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