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La chronique de Jacques Plaine : Histoire de la Sarbacane à Saint-Étienne et ailleurs

le 24 janvier 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 609 fois

La chronique de Jacques Plaine : Histoire de la Sarbacane à Saint-Étienne et ailleurs

Arme de peuplades d'Amérique du sud importée par un explorateur curieux ou trouvaille d'un armurier stéphanois vexé que dans les années 1770 une commande de canons lui ait été refusée, la sarbacane - ou « jeu de la souffle » - est un incroyable jeu d'adresse.

Un jeu d’adresse exclusivement stéphanois qui a vu son apogée à la fin du XIXe siècle - près de 50 sociétés pour plus de 1 500 membres dans les années 1880 - même si quelques esprits chagrins signalent un « Jeu de la soufflette » là-haut chez les Picards. Mais peut-on comparer un « Jeu de la soufflette » au véritable « jeu de la souffle » ?
La sarbacane - puisqu’il faut l’appeler par son nom - tient plus de la confrérie que du jeu de croquet. Les membres d’une société de sarbacane ne sont-ils pas  des « Chevaliers » et non des  joueurs, des « Capitaines» plutôt que des présidents,  « des  Prévôts » et non des préposés au pas de tir, « des Grands chevaliers », des « Rois » voire « des Empereurs » ? Mieux que cela, en 1886, le préfet de la Loire alerté par ce vocabulaire plus proche de la Chevalerie d’antan que de la canaillerie ambiante avait demandé au « Capitaine » d’une de ces sociétés qu’il précise dans ses statuts  que la tenue des membres « diffère complètement de la tenue militaire » et qu’il soit interdit « d’employer pour les grades, les insignes distinctifs adoptés dans les armées de terre et de mer ».
Très attentives aux bons usages, les sociétés étaient intransigeantes quant à la tenue vestimentaire de leurs chevaliers, aux éventuels écarts de langage - blasphémer le nom de Dieu impliquait ipso facto une mise à l’amende -  à la présence aux réunions, et a fortiori aux assemblées générales. En cas de décès d’un chevalier les crêpes étaient apposés sur les cibles pendant 40 jours et le drapeau du jeu - car chaque jeu avait son drapeau - ouvrait le cortège funèbre. Quant aux femmes, pas de « chevalières » avant 1970 même si les sociétés étaient très attentives aux familles de chevaliers rattrapés par le mauvais sort.
Et comme on n’a pas évoqué encore le mot «baveux », sachez qu’on ne bave pas plus en soufflant dans une sarbacane que dans un cor de chasse mais que dans les conservatoires on ne s’amuse jamais à faire boire les musiciens dans des verres percés. Enfin si vous souhaitez en savoir plus sur « le Papegai » rendez-vous dans une des dix sociétés actuelles de sarbacane.

Jacques Plaine

Histoire de la Sarbacane à Saint-Étienne et ailleurs, Jérôme Sagnard, Editions de Phénicie, 10 €.

A plus d’un titre 

Vendredi 23 janvier à 18 h et à la Clé D’Voûte, 7 rue Basse des Rives, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Jérôme Sagnard. Avant l’émission, même lieu et à 16 h 30 rencontre avec les « baveux » de Saint-Etienne, démonstration de sarbacane.



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