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La chronique de Jacques Plaine : Au bonheur des jours, de Joëlle Miquel

le 08 juillet 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 127 fois

La chronique de Jacques Plaine : Au bonheur des jours, de Joëlle Miquel
Christophe Alary (Flickr) - Place de la Concorde, à Paris

Joëlle Miquel qui à quinze ans débutait au cinéma avec Eric Rohmer dans « Quatre aventures de Reinette » et « Mirabelle » s'est lancée en littérature à dix-huit avec « Les Rosiers blancs ». Depuis elle a tourné dans cinq autres films sous la direction de Jean-Jacques Beineix, Claude Pinoteau, Claude Lelouch comme Emmanuelle Bercot et a écrit une dizaine d'ouvrages.

Le dernier Au bonheur des jours est dédié aux femmes. Une belle brochette de mères, d’épouses, de jeunes filles, de moins jeunes, de pas jeunes du tout, d’intrépides, de modestes, d’aventurières, de fleurs bleues, qu’elle lance avec délices dans des parcours plus érotiques qu’ésotériques.

Marie par exemple, une petite bourgeoise du XVIe  gironde et bien sous tous rapports : un mari riche qu’elle adore et qui l’adore, un enfant charmant, une famille, des amis - « une belle vie simple et digne » comme dit la notice - Marie donc, qui un beau matin sans raison raisonnable, juste pour le plaisir de chatouiller un bonheur tracé dans le marbre et se faire peur, répond à une proposition de rencontre sur Internet. Elle hésite, j’y va-t-y ? j’y va-t-y pas ? se décide et se délecte de mercredis crapuleux… avant de siffler elle-même la fin de la récré.

Clarisse - « une petite oie du Sud-Ouest », persifle la jet set - jette la stupeur et la consternation dans le Paris branché en épousant Jean-Édouard un célèbre célibataire du « Paris qui compte ». Un barbon de vingt-deux ans son aîné que toutes les polissonnes des cocktails à la mode rêvent de mettre dans leur lit. Le temps passe, les enfants viennent, le couple s’installe dans la durée jusqu’au jour où Jean-Édouard ne devient plus aux yeux de Clarisse qu’un vieux débris à jeter à la poubelle. Grâce à la complicité de Rosette sa copine de toujours elle décide de faire un sort à cette existence sans relief - à « cette vie de devanture » - et organise la déconfiture médiatique de Jean-Édouard.

Sidonie, une grand-mère gâteau de quatre-vingts balais - ou « printemps », c’est selon - qui après avoir porté en terre l’amour de sa vie, décide de tomber une dernière fois amoureuse. « D’un veuf inconsolable » explique-t-elle à sa petite fille. D’un saccagé du cœur auquel elle s’attacherait à redonner le goût de vivre. Et très au fait des sites de rencontre, Meetic ou eDarling en particulier dont elle analyse les performances en vieux briscard de la gaudriole, elle lance devant Dieu, les hommes et sa petite fille, un dernier défi à Eros et à Thanatos.

Marie, Clarisse, Sidonie trois des jolis caractères qui poivrent, salent et corsent Les histoires de femmes de Joëlle Miquel.

Jacques Plaine

Au bonheur des jours, Joëlle Miquel, La Différence, 18 €.



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