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La chronique de Jacques Plaine #7 : Au crépuscule de Néandertal, d'Olivier Merle

Loire le 15 novembre 2014 - La Rédaction - Culture - article lu 509 fois

Deux étrangers qui ne pouvaient se mélanger pour donner naissance à un homme unique car appartenant à deux « espèces » différentes.

Deux étrangers qui ne pouvaient se mélanger pour donner naissance à un homme unique car appartenant à deux « espèces » différentes. Au sens biologique du terme. Les « Néandertal » qui occupaient le territoire depuis des centaines de milliers d’années et les « Cro-Magnon » - ultimes descendants d’une lignée primitive qui aurait quitté l’Afrique depuis deux millions d’années - et qui arrivaient par le Moyen-Orient.

Les « Cro-Magnon » étaient grands - jusqu’à 1,80 m - puissants, véloces, intelligents. Les « Néandertal » étaient plus petits - 1, 65 m - des membres courts, un torse profond, un front fuyant, pas de menton. On pense aujourd’hui qu’eux aussi étaient intelligents. La cohabitation durera une dizaine de milliers d’années.

Olivier Merle, professeur de géologie à l’Université de Clermont-Ferrand va imaginer en « respectant scrupuleusement les données de la préhistoire » ce qu’aurait pu être la rencontre de ces deux espèces d’hommes car les chemins des « Cro-Magnon » et ceux des « Néandertal » se sont forcément croisés au cours de ces dix millénaires.

Dhour, un géant des plaines, va quitter les siens pour combattre le lion des cavernes. Le tuer et ramener sa patte avant droite. Adoubé par la tribu il en deviendrait alors le chef. Mais dans sa course au graal il va briser le tabou, enfreindre la loi du clan, aller dans la montagne. Là-haut il rencontrera « les hommes-sans-front ». Des hommes étranges, bien différents des primitifs « stupides comme des animaux » dont lui avait parlé le chamane.

Dhour, le « Cro-Magnon »  va côtoyer et observer des êtres petits, massifs, durs au mal qui ne vivent ni ne pensent comme lui. Des êtres qui ne souhaitent ni dominer ni faire la guerre. Paisibles et tolérants, ils ne comprennent pas que l’on puisse risquer sa vie pour une patte de lion. Dhour va découvrir ce peuple sans chef ni hiérarchie. Des créatures sensibles et généreuses, dépourvues d’ambition comme de jalousie. Une communauté heureuse et accueillante où il finira par admettre qu’il y fait bon vivre.

Dommage qu’au bout de dix mille ans ce soit elle qui mystérieusement ait lâché la rampe.

Jacques Plaine

Au crépuscule de Néandertal, Olivier Merle, Editions de Fallois, 18,50 €.



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