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La chronique de Jacques Plaine #6 : La plus grande ruse du Diable, d'Yves-Daniel Crouzet

Loire le 07 novembre 2014 - Jacques Plaine - Livres - article lu 395 fois

La chronique de Jacques Plaine #6 : La plus grande ruse du Diable, d'Yves-Daniel Crouzet
Diable !

Ou plus exactement : la Nouvelle fantastique.

Compliqué le Fantastique. Des fantômes (comme au Panassa), des Diables (comme ici dans le titre), des vampires, du surnaturel, de l’horreur, du merveilleux (parfois).

A vrai dire le fantastique d’Yves Crouzet est un fantastique du quotidien. Des histoires de tous les jours, avec des gens semblables à ceux que l’on croise dans la rue, au café, dans le train, sur la route. Des gens comme vous et moi mais dont l’histoire tout d’un coup dérape. Un petit grain de sable, un accroc dans le tapis de la marche du temps et patatras tout bascule. Descartes est à la ramasse, le Grand Albert enfourche le tandem du Petit Albert. Nous voilà dans un ailleurs où le bon sens et le rationnel tirent leur révérence. La logique fout le camp, l’illogisme débarque, le naturel est aux abris, l’étrange est à la noce, le possible prend l’eau, l’impossible fait le buzz.

Dans la nouvelle Sur la route, Yann Karadec, un routard en manque d’amour repère au coin d’un bois une caravane des années soixante occupée par une géante d’époque plus Carabosse que Belle de jour. Par désoeuvrement, par jeu ou par fascination glandulaire il la mignonne un brin et découvre que les intimités de la belle sont plus proches de l’horreur que du merveilleux.

Dans Pandy Panda Michel Martin, secrétaire d’Ambassade, remarque sur le trottoir un magnifique Panda en peluche et aux yeux de biche. Et bien que ce ne soit pas dans les coutumes des Ambassades de faire les poubelles, il l’attrape par une oreille, le monte chez lui et l’offre à ses enfants. Mauvaise pioche. Au fil des jours il constate que ce n’était pas une bonne idée. Les yeux de biche du Panda n’étaient pas de simples billes en verre. Finie la vie en rose, la nouvelle tourne du coup au roman noir.

Dix-neuf récits fantastiques. Yves Crouzet est diabolique. Benoît Domis l’écrit cinq fois - oui cinq fois - dans son avant-propos : « Yves-Daniel Crouzet est diabolique. »

Jacques Plaine

La plus grande ruse du Diable, Yves-Daniel Crouzet, Dreampress.com, 16 €.



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