Fermer la publicité

La chronique de Jacques Plaine #5 : Le poète de Bellevue, de Gérard Georges

Rhône le 02 novembre 2014 - La Rédaction - Culture - article lu 1107 fois

Jocelyn Bargoin, né à Clermont-Ferrand le 3 avril 1844 est mort à Pau le 2 janvier 1876.

Poète, il avait publié chez Lemerre « Soirs d’hiver » en 1880. Un ouvrage que les libraires spécialisés peuvent encore vous dénicher contre une petite fortune.

Pris de passion pour le personnage de Jocelyn, Gérard Georges s’est senti au fil des pages devenir Jocelyn - « durant le temps d’un roman, Jocelyn a été moi et j’ai été Jocelyn » - et plutôt que de se lancer dans une biographie minutieuse de Jocelyn Bourgoin, s’est plu à écrire le roman de son double, Jocelyn Marsin.

« Ce livre est avant tout un roman, c'est-à-dire que la part de l’imaginaire relève du droit du romancier à fabuler ou à transformer selon son gré la réalité ». Il n’en suit pas moins la réalité au plus près.

Le père de Jocelyn était une personnalité locale. Ses deux enfants et sa femme morts avant lui, il lègue à la ville de Clermont-Ferrand, au département du Puy de Dôme, aux Hospices de Clermont et à sa ville natale de Vic-le-Comte une immense fortune réalisée grâce à une géniale invention : l’exploitation du café de gland doux, une préparation savante qui concurrença longtemps le café venu des Îles.

Gérard Georges fait revivre cette riche famille dévastée par la maladie. Les deux enfants Edmond et Jocelyn atteints de phtisie galopante - la tuberculose qu’on ne savait guérir - s’étiolèrent comme une lampe privée d’huile et ne purent répondre aux vœux de leurs parents, reprendre l’affaire de gland doux pour le père, devenir chirurgiens célèbres pour la mère.

Jocelyn, fils spirituel de Théophile Gautier et ami de François Coppée - celui-ci lui fera d’ailleurs l’amitié d’enrichir ses Soirs d’hiver d’un sonnet-préface - fuira la propriété familiale de Bellevue, deviendra journaliste à Pau, côtoiera les Parnassiens…et comme son frère Edmond s’éteindra en pleine jeunesse.

Quant à ses amours, qui jour après jour ont miné sa courte vie « je tâchais de me persuader qu’aimer était plus important que d’être aimé » peut-être sont-elles phantasmes de romancier. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter à ce pauvre Jocelyn Bourgoin, pardon Jocelyn Marsin.

Jacques Plaine

Le poète de Bellevue, Gérard Georges, Presses de la Cité, 20 €.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide