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La chronique de Jacques Plaine : 1666, les âmes en feu, de Michel Thiollière

le 01 mai 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 728 fois

La chronique de Jacques Plaine : 1666, les âmes en feu, de Michel Thiollière

Maire de Saint-Étienne de 1994 à 2008, sénateur de la Loire de 2001 à 2010, Michel Thiollière est depuis 2010 vice-président de la Commission de régulation de l'énergie et vice-président du conseil des régulateurs européens de l'énergie. Ecrivain, il n'a jamais oublié qu'il fut professeur d'anglais et ses ouvrages font toujours la part belle à la civilisation anglo-saxonne

Charles II - couronné le 23 avril 1661 roi d’Angleterre à 31 ans et une fois refermée la parenthèse Cromwell - croyait sans doute que le plus dur était fait. Sauf qu’en 1665 une épidémie de peste bubonique tue à Londres plus de 75 000 personnes - soit le cinquième de la population - et que le 2 septembre de l’année suivante, peu avant minuit, un incendie se déclare dans la boulangerie de Thomas Farriner sur Pudding Lane. Après la guerre, la peste. Après la peste, l’incendie.

Le feu embrase rapidement la ville. Le vent, la vétusté des maisons, sans parler de l’incompétence du lord-maire qui hésite à faire la part du feu et voilà qu’en trois jours 13 200 maisons et 87 églises sont carbonisées. 80 000 Londoniens sont à la rue et dans les rues, ivres de colère et de rage. Toute la ville - un demi million d’habitants - n’a qu’un idée : trouver le salaud qui a fait le coup. Le bandit qui a allumé la mèche. Et cet incendiaire ne peut qu’être étranger. Pire, ne peut être que Français. Car même si Charles II est petit-fils d’Henri IV, même s’il est cousin de Louis XIV, même enfin si sa mère et sa soeur habitent la France, les deux pays sont en guerre. « Français dehors ! Français à mort » hurlent les malheureux qui traînent leurs guenilles et leur désespérance dans la ville en cendres.

C’est dans cette ambiance de haine et de fin du monde que deux jours après le début de l’incendie, Robert Hubert débarque à Londres. Horloger de génie, fils de Jean Hubert le plus fameux constructeur d’horloges de Rouen, de France et de Navarre, il vient livrer une commande réalisée dans l’atelier familial. Mais le malheur veut que si Robert Hubert est le roi de la mécanique horlogère, son horloge intérieure est totalement déréglée. En un mot comme en mille il est fou à lier et se met à courir les rues de la ville en beuglant que l’incendiaire c’est lui. « C’est moi…C’est moi qui ai mis le feu ! Voyez comme je suis grand ! »

Comment sauver du gibet un innocent qui fait l’âne pour monter à l’échafaud ? C’est à quoi vont s’employer ses amis, mais ses amis sont-ils tous de vrais amis ?

Jacques Plaine

1666, les âmes en feuMichel Thiollière, Editions des Falaises, 18 €.

 

Jeudi 30 avril, à 18 h et au Camion rouge, 1 rue Etienne-Mimard, enregistrement public sur RCF de l’émission « A plus d’un titre » avec Michel Thiollière.



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