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La Chorale de Roanne a raté sa sortie

Loire le 09 mai 2014 - Aline Vincent - Roannais - article lu 932 fois

La Chorale de Roanne a raté sa sortie
(© G. Burellier)

4 300 supporters avaient répondu présent à ce dernier rendez-vous de la saison, malgré la relégation en Pro B du club de basket de la Chorale.

Une belle mobilisation, surtout pour un lundi soir et une rencontre avancée à 19 h. Mais l’effet derby et un bel adversaire ont joué (1). Les échanges ont débuté sous les applaudissements, mais la déconvenue n’a pas tardé à s’installer face au voisin villeurbannais nettement supérieur, avec notamment le seul Français à avoir fini meilleur marqueur du championnat depuis… 39 ans. De fait, Edwin Jackson marquait rien moins que 44 points durant la soirée, souvent applaudis par le public. A noter une brève trouée dans ce ciel gris roannais grâce aux deux jeunes espoirs choraliens Thomas Ville et Guerchen Yabusele. Mis à part quelques sifflets sur des pertes de balles, la sortie des joueurs s’est faite dans la dignité.

« No comment ! »

Place ensuite à l’amertume générale chez les supporters venus apparemment sans illusion. Du côté de l’équipe encadrante, l’heure était à la colère. Réponse à chaud unanime : « No comment ! » La déception se lisait plus que jamais sur les traits d’un président Pillet à fleur de peau. Du côté des sponsors, les fidèles annonçaient d’ores et déjà qu’ils se réengageraient, ne serait-ce que par fidélité à cette discipline qui fait partie de l’ADN locale, mais aussi par solidarité avec l’équipe dirigeante qui a tout donné, en dehors de toute considération sur les choix réalisés. Quid aussi des décisions de  la collectivité nouvellement en place ? Trop tôt pour répondre à la question. En attendant, tout le monde salue Christophe Pillet et Emmanuel Proust qui ont eu le courage de reprendre un bébé dont personne ne voulait après le départ d’Emmanuel Brochot. A noter d’ailleurs que, concernant ce dernier, la nature humaine étant ainsi faite, l’accumulation des mauvais résultats de fin de saison a coïncidé avec l’apparition de critiques sur celui que l’on a encensé quand tout allait bien. Oubliés l’engagement de 8 années de sa vie, le temps donné comme l’argent personnel investi et le départ anticipé et préparé. « On a la chance d’avoir été soutenus par Emmanuel Brochot qui nous ait fait connaitre le basket caviar ! », tient à souligner Christophe Pillet.

« Du basket business »

Hormis la baisse du budget et une nouvelle équipe dirigeante qui a dû s’adapter, on explique l’échec par un recrutement raté, un coach, Luka Pavicevic, qui n’a pas su gérer les défaites et des raisons purement sportives. « Le scénario de la saison n’est pas digne des acteurs du film. Je suis en colère, commentait plus tard, à froid, le président Pillet. J’ai l’impression de m’être fait avoir par rapport à tout ce que l’on a fait. Je ne vais pas aller jusqu’à penser qu’ils le font exprès, mais quand on voit l’attitude de certains joueurs ce soir ! On a fait du basket business avec des mercenaires. Ce ne sont pas mes valeurs. A l’avenir, dans le recrutement, je serai plus attentif au savoir-être. Aujourd’hui, on se retrouve devant une page blanche : une nouvelle équipe, un nouveau coach et une nouvelle collectivité. On a appris. On sait ce qu’il faut faire et ne pas faire. »
Une rencontre publique est annoncée pour faire le point, partager les idées et présenter les projets. Pour finir sur une note optimiste, la Chorale de Roanne ne connaît pas là sa première descente en Pro B, et ça ne l’a pas empêchée de connaitre des lendemains qui chantent : championne de France et victorieuse de la Semaine des As en 2007 avec le billet d’entrée en Euroligue, finaliste du championnat de France 2008…

Aline Vincent


(1) La Halle André Vacheresse a accueilli en moyenne 3 000 spectateurs par match sur l’ensemble de la saison


Gilles Passot, élu aux sports, mise sur un maillage national

Gilles Passot, conseiller municipal de la nouvelle majorité, est en charge des équipements sportifs. Il occupait déjà des fonctions aux sports lors de la première mandature d’Yves Nicolin. « Si les supporters sont intelligents, ils resteront, estime-t-il. Il y a eu aussi un facteur chance, et elle n’a pas toujours été de notre côté. » Tourné vers l’avenir, il réfléchit à un rapprochement avec l’Andes (association nationale regroupant les élus en charge du sport de l’Hexagone et d’Outre mer). Elle amène à échanger sur les politiques sportives des Villes et à représenter les intérêts des collectivités locales, premiers financeurs du sport en France, auprès de l’Etat. L’association permet à la fois de rompre l’isolement, de gagner du temps et de faire de bons choix. Le réseau regroupe 3 500 villes.



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