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Régionales 2015 : en Isère, L'Humain d'abord croit en « l'intelligence collective »

Isère le 16 novembre 2015 - Xavier Alix - Politique - article lu 218 fois

Régionales 2015 : en Isère, L'Humain d'abord croit en « l'intelligence collective »
Xavier Alix - Jacqueline Madrennes : « Les grandes Régions vont éloigner les citoyens des décisions »

A l'approche des élections régionales des 6 et 13 décembre, L'Essor Tribune s'entretient chaque semaine dans l'Isère avec une tête de liste départementale. Jusqu'au scrutin, retrouvez les dans un ordre tiré au sort. Cette semaine Jacqueline Madrennes, tête de liste « L'Humain d'abord » union du PC, MRC et de « citoyens engagés au Front de gauche ».

Pourquoi l’union avec les écologistes et le parti de gauche n’a-t-elle pas été possible ? Comment envisagez-vous le second tour ?

En raison de leurs arguments sur le non cumul des têtes de liste. Un mauvais débat... C’est une occasion manquée, surtout que la Droite part unie.
Sans hésitation, nous créerons les conditions nécessaires au rassemblement de la gauche, y compris avec le PS. Au second tour, il faudra tout faire pour battre la droite très dure de Wauquiez, et donc que Queyranne soit élu : les deux ne sont pas comparables. Ce qui ne nous empêchera pas de contester au sein de la majorité certaines décisions. Nous restons des transformistes du système libéral quand le PS, cependant très divers, reste réformiste. Mais plus nous aurons de poids électoral et plus nous pourrons nous faire entendre. Dans le mandat précédent, nous avons vu que le PC, le Front de gauche ont pu peser en faisant voter certaines délibérations. Par exemple, la scolarisation d’enfants sans papiers sous tutelle d’élus permettant d’achever les cursus et même de lever les obligations de quitter le territoire.

Comment percevez-vous la fusion Rhône-Alpes/Auvergne ?

Ces énormes régions éloigneront un peu plus l’accès du citoyen à la collectivité. Or, trouver un interlocuteur est déjà problématique. A Echirolles, le lycée Marie-Curie a des équipements sportifs dont le fonctionnement n’est pris que très partiellement en charge par la Région malgré sa compétence. La Ville compense et cherche depuis 6 ans un interlocuteur... Et en retirant la compétence générale, la réforme met fin à la souplesse d’intervention, voire aux financements croisés. Elle accentue le côté gestionnaire et technocratique.

Nous avons construit un programme après avoir sondé les citoyens, les associations, les entreprises. Il faut poursuivre cette démarche, loin d’une collectivité où l’on vient chercher sa subvention sur des dispositifs déshumanisés. Nous préférons prendre appui sur la créativité des citoyens en envisageant des conférences annuelles des forces vives du territoire. Une sorte de conseil de développement à l’échelle des régions. Il faut croire à l’intelligence collective associée au développement du territoire. Les gens sont créatifs si on les laisse s’exprimer. Ils peuvent être une dynamique de transformation sociale. C’est ce qui ressort de nos échanges avec des PME ou des associations. Sur le transport par exemple, on peut aller plus loin que les comités de ligne SNCF avec des comités d’usagers, rapprochant les nombreux collectifs existants.

Votre programme veut faire beaucoup sur la mobilité… 

La question des TER, compétence de la Région, est majeure. On constate la baisse du cadencement, des services, de la présence humaine. Et un réseau livré au privé donc une logique de rentabilité à la place du service public, garant de la cohésion sociale. La liasion sud-nord de Grenoble est devenue un cauchemar quotidien. Nous croyons donc aussi au tram-train pour le sud grenoblois porté par un collectif depuis des années. Un investissement réalisable malgré le prix estimé (195 M€, Ndlr) et pertinent pour lutter contre la pollution, les embouteillages.

Un tram/train, plus de TER, la gratuité des transports pour certaines catégories, plus pour les lycées, la formation… Comment assumer dans le contexte budgétaire actuel ?

Déjà, en utilisant mieux l’argent public distribué. Prenons les subventions aux projets d’entreprises. Les différents « plans nano » n’ont généré aucun emploi alors que la filière en compte 6 000 directs, 17 000 indirects menacés. Il ne s’agit pas de stopper mais d’assurer un meilleur suivi, clairement conditionner les aides au développement de l’emploi. C’est l’objectif de notre proposition du « fonds régional pour l’emploi ». Si l’objectif est atteint, c’est à terme plus de recettes pour la Région. Un autre angle permettrait lui de réaliser des économies : plutôt que d’empiler, il faut croiser les dispositifs régionaux. Une méthode transversale, source de mutualisation, d’optimisation donc d’économies.

Lutter contre la privatisation du rail, certes, mais comment une assemblée régionale peut aller au-delà d’une législation ?

La Région peut contrecarrer l’application des traités du Dikatat européen libéral. Exemple : contre la loi Macron qui libéralise l’offre de transports en cars au détriment du train, investir davantage sur le rail pour plus de cadencement, de services, un prix inférieur, voire la gratuité. Mais aussi refuser les aides aux entreprises allant sur ce créneau. Sur l’agriculture, nous proposons un « conférence régionale sur les prix et les revenus agricoles » afin de les aider à obtenir un revenu correspondant au travail fourni. Il s’agit de favoriser aussi les circuits courts se passant d’intermédiaires qu’ils ont créés sans attendre les politiques. Les alternatives contre la logique libérale existent déjà.

Propos recueillis par Xavier Alix

« Une liste d’ouverture »

Professeure des écoles à la retraite, ex formatrice de l’IUFM de Grenoble, Jacqueline Madrennes, 58 ans, est depuis 2008 maire adjointe d’Echirolles en charge de l'éducation, la culture et du périscolaire. Officiellement sans étiquette, elle témoigne d’une vie militante : syndicalisme, lutte contre le racisme (Ras le Front, Mrap). « J’adhère à une liste d’ouverture construite sur cette démarche jusqu’au bout. J’en suis la preuve puisque tête de liste sans être encartée. »



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