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L’hôpital de Roanne en observation

Loire le 02 mai 2014 - Aline Vincent - Roannais - article lu 1992 fois

L’hôpital de Roanne en observation
Placé sous administration provisoire, le centre hospitalier de Roanne attend l'arrivée de deux hauts fonctionnaires qui statueront sur son état de santé avant mise en place du traitement adéquat.

Véronique Wallon, directrice de l’ARS Rhône-Alpes, a décidé de placer l’établissement hospitalier de Roanne sous administration provisoire pendant un an à partir du 15 mai.

Deux hauts fonctionnaires sont en cours de nomination. La directrice de l’hôpital, Véronique Bourrachot, sera mutée dans un autre établissement. Elle a exprimé à travers un communiqué du 29 avril ses souhaits pour le futur hôpital tout en revenant sur sa mission de 4 ans et les points proposés dans son dernier plan en février. La décision a été annoncée lors du dernier Conseil de surveillance en présence de Laure Déroche qui laissait la présidence au nouveau maire de Roanne, Yves Nicolin.
Dans un communiqué daté de même jour, l’ARS motivait sa décision en s’appuyant sur les conclusions du rapport rendu le 1er avril par la chambre régionale des comptes Rhône-Alpes/Auvergne. « La situation financière du centre hospitalier de Roanne est fortement dégradée depuis plusieurs années, malgré la signature de deux contrats de retour à l’équilibre ». Le premier date de 2004, le second de 2012. « Après une courte période de stabilisation, la situation s’est de nouveau dégradée à partir de 2012 pour devenir très préoccupante en 2013. » La chambre régionale des comptes considère que la dernière proposition déposée le 18 février dernier par la directrice, la communauté médicale et les partenaires sociaux, ne permettrait pas de restaurer la situation. Cette décision a pour objectif « de garantir la pérennité de l’hôpital et répondre de manière efficace aux besoins et aux caractéristiques sociales, démographiques et sanitaires de la population du territoire roannais. Il est indispensable que le centre hospitalier puisse résoudre ses difficultés économiques et financières et établir un projet stratégique et une organisation solides ».

« Ni une sanction, ni une punition »

Laure Déroche comme Yves Nicolin reçoivent cette décision favorablement. « La mise sous administration provisoire n’est ni une sanction si une punition, estime Laure Déroche. « C’est se donner les moyens, avec des inspecteurs généraux qui vont gérer l’hôpital sur place, de sortir de cette situation de crise et de redresser l’hôpital. Ils apporteront de l’extérieur une vraie expertise. » C’est aussi « une chance » pour Yves Nicolin, afin d’éviter des mesures encore plus drastiques.

Aline Vincent

Emprunts toxiques : la Cour des Comptes dénonce la bombe à retardement

La Fédération hospitalière de France se félicite que la Cour des comptes appelle les pouvoirs publics à se ressaisir enfin sur la question des emprunts toxiques contractés par les hôpitaux. Le rapport commandé par la commission des affaires sociales et la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la Sécurité sociale démontre que les plans Hôpital 2007 et 2012 se sont traduits par des emballements de la dette hospitalière. « Elle a progressé à un rythme pouvant atteindre près de 20 % par an. La dette des Etablissements publics de santé a triplé en 10 ans (23,3 Md€ à fin 2012). Les pouvoirs publics ont privilégié ce levier pour financer un plus grand nombre d’opérations, sans  instaurer de procédures rigoureuses de choix des investissements, tout en allégeant leurs contrôles. Ils ont fait preuve d’une vision trop optimiste de l’évolution de leurs recettes… », estime la Cour des comptes. Au final, ils se retrouvent liés par des emprunts dont ils ne peuvent sortir qu’en acceptant de payer un taux d’intérêt prohibitif ». Le Cour engage aujourd’hui vivement les collectivités à mettre en œuvre une stratégie de désendettement.

« Beaucoup d’incertitudes »

Avant de se prononcer, la CGT attend  les éléments qui sortiront du prochain conseil de surveillance prévu le 16 mai en présence de la directrice générale de l’ARS. Entretien avec Didier Marchand, représentant la CGT hospitalière.

Comment accueillez-vous la décision de mise en placement sous administration provisoire ?

Il règne encore beaucoup d’incertitudes. On attend de connaître la feuille de route de cette administration provisoire puisque ses représentants ne sont pas encore là. On sait juste qu’un nouveau conseil de surveillance est acté pour le 16 mai en présence de la directrice générale de l’ARS.

Vous préparez-vous quand même à des fermetures de lits et de nouveaux licenciements ?

Le centre hospitalier de Roanne reste le plus important employeur du bassin avec 2 300 salariés. Le syndicat se montrera très vigilant concernant la réduction de lits et d’effectifs. Nos deux principales inquiétudes portent sur la réponse aux besoins de santé et l’emploi. Il est pour nous hors de question de fermer des services. Par exemple, alors que le service des urgences est en pleine restructuration, nous devons maintenir la capacité suffisante pour accueillir les patients qui en arrivent. La CGT a toujours dénoncé avec force l’investissement de la reconstruction du centre hospitalier qui est la source majeure de ses difficultés. Non seulement, elle a amené à emprunter beaucoup, mais surtout à contracter des emprunts toxiques. L’un d’eux, indexé sur le yen/dollars, a pu être racheté. Mais cette opération n’a pas été possible avec celui basé sur l’euro/franc suisse, la soulte étant trop élevée. Un recours a été entrepris. Ce crédit est actuellement remboursé à un taux usuel, mais la différence est provisionnée dans l’hypothèse où l’hôpital serait débouté. Sans ces emprunts, les résultats seraient à l’équilibre. L’établissement dégage 146 M€ de recettes pour 141 M€ de dépenses. Le remboursement de la dette se monte à 18 M€.

A.V.



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