Fermer la publicité

La psychiatrie viennoise gérée par le privé

Isère le 06 janvier 2017 - Sevim SONMEZ - Isère rhodanienne - article lu 148 fois

La psychiatrie viennoise gérée par le privé
Sévim Sonmez - L'élue H.Dermidjian aux côtés de F. Chambaz et H. Giovacchini

Après de longs mois de travail, le transfert de la gestion de la psychiatrie du centre hospitalier de Vienne au CPND (Centre psycho-thérapeutique Nord-Dauphiné) de Bourgoin-Jallieu a été officialisé par la signature d'une convention.

C’est l’aboutissement d’une longue démarche amorcée à la suite d'une demande formulée par l’Agence Régionale de Santé, en mars 2015 et inscrite dans le schéma régional. Effectif depuis le 1er janvier, ce transfert de gestion s’accompagne d’un changement de nom du Centre psycho-thérapeutique Nord-Dauphiné (CPND)  qui se nomme désormais l’Etablissement de santé mentale Portes-de-l’Isère (ESMPI).

Un changement qui se veut symbolique et initié par la directrice de l’établissement privé (associatif, Fondation Boissel) berjallien Heidi Giovacchini. « C’est un signe fort à destination des équipes de Vienne que nous accueillons. En devenant "Portes-de-l’Isère", nous avons voulu intégrer le territoire viennois. »  Un transfert de gestionnaire et non d’activité insistent les deux directeurs d’établissements qui entendent resserrer leurs liens afin de poursuivre  leur mission de service public.

Tous les lits, de même que les 180 salariés du pôle psychiatrie, resteront à l’hôpital de Vienne qui versera les salaires et se fera rembourser par l’ESMPI.

Un climat social difficile

C’est un projet sensible qui a dû faire face à une forte opposition des syndicats du centre hospitalier de Vienne, retardant ainsi ce transfert administratif. « Nous avons été très attentifs au climat social, explique Florent Chambaz, directeur du CH de Vienne.

Les salariés ont été reçus en entretien individuel et ont eu le choix entre une mise à disposition leur permettant de conserver leur statut de fonctionnaire ou d’intégrer la structure privée de Bourgoin-Jallieu. A plus de 80 %, ils ont opté pour la mise à disposition».

Si ce dialogue social a été plutôt bien accueilli par deux des trois syndicats, la CGT ne partageait pas vraiment cet avis : « Nous sommes opposés au transfert d’une activité publique vers un établissement privé, explique Gasem Sany, secrétaire CGT qui craint que le service de proximité n'en pâtisse. Le CHSCT n’a même pas été consulté pour ce transfert. Quant aux entretiens individuels qui ont rassuré nos collègues syndicaux, ils font partie d’un long processus visant à déstabiliser le personnel qui a déjà dû faire face à des restructurations comme la fermeture de l’internat séquentiel décidé par l’ARS ».

La CGT pointe également du doigt « La fuite des médecins suite à la note de cadrage » : sur  les 12 seuls 3 sont restés. Le transfert de la gestion administrative serait une façon pour le « CPND de récupérer l’enveloppe dédiée au pôle viennois et de la décliner comme il le souhaite. Soit une subvention d’environ 10 M€ à laquelle il faut ajouter une rallonge de 500 000 € demandée par le CPND et seulement 300 000 € accordée par l’ARS ».

La CGT reste persuadée que « D’ici les deux prochains projets médicaux, soit dans 6 ans, le personnel viennois sera amené à travailler sur Bourgoin-Jallieu puisque la convention fait état de frais de déplacement alors que l’établissement loue des véhicules et les met à disposition du personnel pratiquant des soins à l’extérieur ».

Quant aux deux établissements, ils se félicitent pour ce rapprochement, source de nombreux projets. « Ce n’est pas la fin d’une histoire mais le début d’une autre », déclare F. Chambaz. En attendant, une refonte de l’organisation a été opérée avec la nomination de deux médecins-chefs : un en psychiatrie adultes à Bourgoin-Jallieu et un en pédo-psychiatrie à Vienne. Elle s’accompagne également d’une interaction permanente entre les deux structures afin d’améliorer l’offre de soins.

« Il ne reste plus qu’à bâtir une relation de confiance à entre les équipes des deux structures, dans le respect et la bienveillance des uns envers les autres », conclut Olivier Matas, président de la CME. 



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide