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L'alto fait vibrer les coeurs

Rhône le 20 février 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1713 fois

L'alto fait vibrer les coeurs
Fabienne Perrin, Cécile Beaujon et Stéphane Marcel (D.R.)

Après plus de trente années d’enseignement au Conservatoire de musique de Lyon, Fabienne Perrin ne se laisse pas pour autant bercer par la musique.

Cette dernière, sans qui elle ne saurait vivre, est pour elle un moyen d’expression et de créativité, elle lui insuffle un vent d’énergie et d’idées pour transmettre sa passion et faire vibrer les cœurs au son des cordes.
Avec ses collègues professeurs d’alto, Cécile Beaujon et Stéphane Marcel, elle a lancé le projet d’un concert où les instruments à cordes auraient l’exclusivité. « En quelque sorte, un temps fort pour l’alto, pour le faire connaître comme un instrument à part entière, raconte Fabienne. Et pour que ce soit encore plus fort, nous avons fait appel au conservatoire de Grenoble pour impulser ce festival Sons d’hiver ». Une idée qui a immédiatement conquis les musiciens isérois.
En juin 2013, le projet « Altos en folie » se met alors en place et les répétitions commencent dès la rentrée de septembre. Les élèves, de 7 à 24 ans, sont enthousiastes et découvrent –-ou perfectionnent - les morceaux qu’ils devront produire tous ensemble : Chaconne de Bach,  Pizzicato Polka de Strauss et Chostakovitch, trois pièces arrangées par le directeur du Conservatoire de Grenoble, Thierry Muller. « Les grands coachent les petits et les débutants sont fiers d’être aux côtés des altistes confirmés », évoquent les professeurs.
En plus des cours réguliers dans les classes, des séances d’entraînement en groupes et des journées entières sont organisées au Conservatoire ainsi qu’une répétition générale qui réunit les 47 Lyonnais et les 35 Grenoblois. Un travail de longue haleine avec certains enfants qui découvrent l’instrument.
Enfin, arrivent les deux soirs de concert : le 29 janvier dernier à la salle Victor-Hugo de Lyon et le 8 février à Grenoble, devant plus de 300 spectateurs. Un immense moment d’émotion pour le trio d’altistes enseignants du Conservatoire de Lyon et pour leurs deux acolytes de Grenoble, Anne-Geneviève Lemarchand et Anne Dumontier. « L’angoisse du début s’est vite transformée en heureuse surprise car dès les premières notes, on a senti que cela sonnait bien. Nos élèves nous ont épatés et ils étaient heureux. C’était vivant, c’était magique. J’ai eu un frisson de bonheur », avoue Fabienne Perrin.
Les sourires ont illuminé les visages des 82 jeunes altistes, accompagnés d’un percussionniste et d’un contrebassiste. Sans doute se souviendront-ils longtemps de ces concerts, à l’atmosphère à la fois solennelle et joyeuse, qui viennent récompenser toute la rigueur qu’exige l’apprentissage de la musique. Une jouissance que partage Cécile Beaujon : « Un tel projet stimule les enfants, ils se disent que l’enjeu en vaut la peine. Ce concert dans une ambiance formidable est pour eux une récompense ». Stéphane Marcel confirme : « C’est une profonde satisfaction d’avoir réuni autant d’enfants en même temps et de voir les plus jeunes jouer en mesure avec un pur plaisir. Ils ne voulaient pas que cela se termine. De vrais liens se sont créés. »
A cet exploit de rassemblement de jeunes musiciens, s’est ajoutée la venue non moins exceptionnelle de Pierre Lenert, premier alto super soliste de l’Opéra de Paris, qui a ouvert le concert à Lyon avec une sonate de Bach. Cerise sur le gâteau qui pourrait bien avoir un goût de « revenez-y »… Fabienne, Cécile et Stéphane ont déjà des projets en tête et Pierre Lenert pourrait bien être de la partie.
Mais pour l’heure, la vie au conservatoire a repris son cours autour de l’alto, cet instrument de partage que Bartók affublait d’un caractère sombre et viril, mais que Stéphane Marcel qualifie de « poétique » et Cécile Beaujon, d’« humain ».

A. G.-P.



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