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L'alliance Nexter Systems/KMW sera effective fin 2015

le 07 août 2015 - Aline Vincent - Économie - article lu 474 fois

L'alliance Nexter Systems/KMW sera effective fin 2015
Nexter KMW - La signature a marqué une étape importante pour la défense européenne

Les deux principaux leaders européens de la défense terrestre ont scellé mercredi 29 juillet l'alliance annoncée depuis 1 an dans une perspective industrielle de long terme sur un marché très concurrentiel.

Le projet était annoncé depuis plus d'un an. Les deux principaux leaders européens de la défense terrestre, le français Nexter Systems et l'allemand KMW, officialisaient leur alliance le 29 juillet dernier. Cet acte marque une étape décisive dans l'histoire de l'armement européen et un symbole fort au regard de l'histoire. Le contrat leur donne les atouts pour réussir et se développer dans un environnement international concurrentiel. Ils atteignent ainsi la taille nécessaire pour  mieux peser sur le marché mondial. Le nouveau groupe franco-allemand est désormais réuni au sein d'une holding dont le siège est basé aux Pays-Bas. Son chiffre d'affaires global atteint près des 2 milliards d'euros. Il regroupe plus de 6 000 salariés. Le carnet de commandes quant à lui représente quelque 9 Md€. Concernant Nexter, le chiffre d'affaires atteignait 1,05 Md€ en 2014, dont 56 % à l'export. Avant cette signature, Nexter était déjà engagé dans les prochains programmes Griffon et Jaguar ainsi que la rénovation du char Leclerc. Les plans de charge impactent directement le site de Roanne (cf notre édition du 6/02/2015). L'entreprise appartient à 100 % à la société publique Giat Industries SA. Le rapprochement avec KMW lui permettra d'être moins dépendant de la commande publique, de même qu'elle aura la possibilité de financer la R&D d'un nouveau véhicule en se passant des subventions publiques grâce à de nouveaux débouchés.

De son côté, KMW (Krauss-Maffei Wegmann) est un acteur privé de tout premier plan du marché européen des véhicules blindés à roues et à chenilles. La totalité du capital appartenait jusqu'ici à la famille Wegmann réunie dans la société Wegmann GmbH & Co. La société emploie 3 200 salariés en Allemagne, au Brésil, en Grèce, au Mexique, aux Pays-Bas, à Singapour, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Turquie.

Pas de conséquences sociales

Dans le cadre du rapprochement des deux entreprises, leurs actionnaires respectifs apportent leurs participations à parts égales dans la nouvelle holding. Chacun recevra 50 % des actions. Même chose pour la gouvernance qui sera organisée sur un mode paritaire. Les portefeuilles produits des deux groupes et leurs présences commerciales dans les différentes régions du monde sont complémentaires. Parmi les bonus de ce rapprochement figurent la puissance de la capacité d'innovation ou encore la standardisation accrue et l'interopérabilité des équipements offerte à leurs clients européens et membres de l'Otan. Les deux constructeurs vont désormais pouvoir mener leurs premiers chantiers communs, mais la conception d'un nouveau blindé lourd ne devrait vraisemblablement pas arriver sur le marché avant au moins cinq ans.

Par ailleurs, un communiqué commun aux deux entités se veut également rassurant concernant l'aspect social. Il stipule que « cette alliance permettra de conserver les emplois et les compétences clefs au sein de l'Union européenne... Elle n'aura pas de conséquences sociales et n'affectera ni l'emploi, ni les conventions collectives existantes. Dans le futur, tout projet de consolidation s'effectuera dans le respect de l'équilibre entre les deux entités opérationnelles, tout en veillant à protéger leurs technologies, savoir-faire et compétences respectifs, en conformité avec les règles de contrôles des exportations applicables ». La holding attend encore de recevoir les autorisations réglementaires et juridiques habituelles pour passer à la phase opérationnelle prévue pour fin 2015.

Aline Vincent

La CFDT s'abstient, la CGT vote contre

Pour la CFDT, « si d'un point de vue économique et financier, ce projet semble ne pas souffrir de commentaires particuliers, les informations incomplètes sur les synergies envisagées et non détaillées, ne permettent pas, à ce stade du projet, d'établir des scénarios sur l'emploi. S'ajoute à cela l'absence de représentation du personnel au sein du Conseil de Surveillance du nouvel ensemble... Autant de questionnements qui ont conduit les administrateurs CFDT à ne pas rejeter ce projet, mais à s'abstenir pour manque de visibilité sur les conséquences sociales ». A l'issue du CA du 9 juillet, 12 administrateurs sur 18 ont voté pour sans réserve. La CFDT s'est abstenue tandis que la CGT a voté contre le projet.
A.V.



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