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L'agence Erai en sursis

le 11 mars 2015 - Antonio Mafra - Services - article lu 1032 fois

L'agence Erai en sursis
DR - Déclaré Maison de la France par Laurent Fabius, l'Espace Rhône-Alpes à Shanghai cristallise les points de divergences

La défiance d'une majorité d'élus du Conseil régional de Rhône-Alpes condamne Erai. Ils ont voté contre les subventions dont a besoin l'agence de développement économique de la Région à l'international. L'ensemble des acteurs économiques se mobilisent pour trouver une solution de reprise.

En refusant les subventions de fonctionnement à Erai (Entreprises Rhône-Alpes international), les élus Verts, UMP, Centre et FN ont provoqué un sentiment de colère et de dépit dans le monde des affaires. Moins que la décision, c’est sa brutalité qui a surpris les acteurs économiques.

« On ne traite pas comme cela quelque 130 collaborateurs, dont beaucoup d’experts, répartis dans les 27 bureaux à travers le monde. On ne méprise pas 270 entreprises régionales en contrat avec Erai », lâchent, en substance, les dirigeants que nous avons contactés. « On peut penser que la gouvernance n’a pas été à la hauteur,  exiger une meilleure gestion, mais on ne prive pas une région d’une agence dont l’utilité est reconnue par l’ensemble du monde économique, insiste le vice-président socialiste en charge du développement économique Jean-Louis Gagnaire. Ils ont tué un outil perfectible que tout le monde nous envie, un outil unique que ne remplaceront ni les CCI, ni Ubifrance. »

L’exécutif régional parle de « l’inconscience d’une majorité de circonstance » à un moment où il faut « préserver l’emploi et aider les entreprises à gagner des parts de marché à l’international ». Les partenaires québécois, dont le premier ministre Philippe Couillard qui était en visite de 5 jours en France au début du mois, s’étonnent d’une telle légèreté. Les interlocuteurs chinois ne devraient pas tarder à réagir si le pavillon régional, aujourd’hui Maison de la France, venait à fermer. L’Institut Paul Bocuse, dont le restaurant-école est situé au dernier étage du pavillon Rhône-Alpes, pourrait être contraint de mettre la clef sous la porte. Un mauvais signe envoyé à une région historiquement favorable aux échanges économiques avec Rhône-Alpes.

« C’est un gâchis ! »

Même incompréhension chez François Turcas, président de la CGPME Rhône-Alpes. « C’est un gâchis ! Depuis deux ans, Erai avait commencé à redresser la barre, réalisant une économie de 1,5 M€.  Le budget prévisionnel table sur un déficit de 0,5 M€. Au regard d’un budget global de 11,5 M€, c’est tout à fait supportable. » Beaucoup d’entreprises en restructuration se satisferaient d’un tel ratio.
Dans un communiqué, Jean-Paul Mauduy, président de la CCIR « regrette vivement la menace sérieuse qui pèse sur la survie même d’Erai » et invite « l’ensemble des acteurs économiques - dont certains ont commencé à se pencher sur le sujet - et politiques concernés par ce dossier » à réfléchir sur issue qui, selon ses vœux, devrait  « privilégier les solutions compatibles avec la dimension régionale des dispositifs d’accompagnement des entreprises à l’export dans la perspective de la fusion des régions Rhône-Alpes et Auvergne ».

Sans réactions, Erai court droit à la cessation de paiement et à la liquidation. Mais en coulisses, les acteurs économiques se mobilisent pour trouver une solution de reprise, soit privée soit avec des partenaires parapublics. N’oublions pas que la Région avait confié un certain nombre de missions régaliennes à Erai, missions qui justifient en partie les subventions. Une reprise pourrait se faire sur un logique purement entrepreneuriale, sans le volet institutionnel, privant ainsi la Région d’un outil qu’elle « sacrifie sur l’autel de la politique ».

Antonio Mafra



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