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L'absentéisme, un fléau pour les collectivités

Isère le 05 août 2015 - Arnaud De Jubécourt - article lu 148 fois

L'absentéisme, un fléau pour les collectivités

On avait cru la montée de l'absentéisme jugulé dans les collectivités. Las ! Selon l'étude la plus récente de l'assureur SOFAXIS, (une référence car elle porte sur 18500 collectivités), l'absentéisme a repris le chemin de la croissance après deux années de pause.

 

Les chiffres sont éloquents : 54 arrêts pour 100 employés en 2014 et 30 % des agents arrêtés au moins une fois dans l'année. Cahque jour au moins 7 agents sur 100 absents. Pour Grenoble (1 150 personnes dans le seul groupe Ville) cela représente plus de cent postes de travail vides et une deuxième place au hit parade de l'absentéisme des grandes villes ; Villeurbanne occupe la 6e palce et Lyon la 13e au grand dam de son maire.

A Lyon justement (7 500 agents) plus de 400 bureaux sont non occupés par leurs titulaires. A Crolles (9 000 habitants), la chambre régionale des comptes a pu relever des statistiques : le nombre de jours d'absence par titulaire (25,53) est presque le double de la moyenne nationale (14,3), elle-même presque trois fois supérieure à celle du privé. Autre étonnement : un taux d’absentéisme des titulaires est plus de quatre fois supérieur à celui des non titulaires. Le coût annuel de l'absence et du remplacement des personnels absents est estimé à 900 000 € par la c7 agents  sur 100 absents. Pour Grenoble (1 150 personnes dans le seul groupe Ville) cela représente plus de cent postes de travail vides  et une deuxième place au hit parade de l’absentéisme des grandes villes ; Villeurbanne occupe la 6e place et Lyon la 13e au grand dam de son maire.

Les causes de cette augmentation nourrissent une polémique politique. On accuse la disparition du « jour de carence » institué par François Fillon et supprimé par Marylise Lebranchu. La preuve ? Les absences de courte durée sont à nouveau en hausse, alors qu’elles avaient baissé de 43% après ce dispositif Fillon.  D’autres facteurs rentrent cependant en compte, notamment le vieillissement, source d’arrêts longs (voir encadré).  Maigre contrepartie, les arrêts maternité sont moins nombreux… A contrario que la féminisation de la fonction publique alourdit certains postes d’absence liés aux enfants. Parmi les autres causes, on note aussi, sous le manteau, une certaine violence dans les rapports humains, (et pas seulement dans le public) de plus en plus mise en avant : en témoigne Nicole, qui travaille dans une communauté de commune du nord isère : « le médecin du travail n’a eu d’autre choix que de m’arrêter pour me protéger du climat psychologique très violent que je subis actuellement ; d’autres de mes collègues sont dans une situation similaire ». La médecine du travail constate une dégradation depuis plusieurs années. Certaines ambiances sont clairement toxiques, notamment lors de réorganisations empreintes d’incertitude ou de lenteur :  Xavier, agent de la région, dont le plan de charge est hypothéqué par la nouvelle Métropole de Lyon, « en cours » d’organisation depuis plusieurs mois, explique : « certaines missions ne sont as définies ; on s’occupe comme on peut et parfois très mal, avec au final un rapport extrêmement désagréable au travail, qui peut aller jusqu’à la dépression ». La fusion des régions donnera t elle lieu à des syndromes similaires ?
Quelles qu’en soient les raisons, cette hausse de l’absentéisme a des conséquences fâcheuses :  disparité avec le secteur privé (dont l’absentéisme progresse pourtant aussi), détérioration du service, car il faut jongler avec les remplacements, perte de la notion d’objectif personnel et d’efficience, détérioration des conditions de travail des « valides » qui doivent suppléer aux absences de leurs collègues et peuvent « craquer » à leur tour ; un véritable cercle vicieux.
Du coup les prises de conscience s’accélèrent, avec des initiatives telles que la « prime de présence », qui semble produire des effets quand elle est expliquée.  Nul doute qu’on n’a pas fini de parler du sujet, même si certains élus sont timides pour parler, du fait de l’absentéisme qui leur est parfois aussi reproché…

Un cercle vicieux à stopper d'urgence

Quelles qu’en soient les raisons, cette hausse de l’absentéisme a des conséquences fâcheuses :  disparité avec le secteur privé (dont l’absentéisme progresse pourtant aussi), détérioration du service, car il faut jongler avec les remplacements, perte de la notion d’objectif personnel et d’efficience, détérioration des conditions de travail des « valides » qui doivent suppléer aux absences de leurs collègues et peuvent « craquer » à leur tour ; un véritable cercle vicieux.
Du coup les prises de conscience s’accélèrent, avec des initiatives telles que la « prime de présence », qui semble produire des effets quand elle est expliquée.  Nul doute qu’on n’a pas fini de parler du sujet, même si certains élus sont timides pour parler, du fait de l’absentéisme qui leur est parfois aussi reproché…

Arnaud de Jubécourt

Une explosion des arrêts longs

« Les arrêts longs (de plus de 60 jours d'absence) ont augmenté de 45 % entre 1998 et 2004. Un phénomène expliqué par "le vieillissement de la population et le recul de l'âge de la retraite", les agents de 50 ans et plus encourant sept fois plus de risques de contracter une maladie longue durée que ceux de moins de 30 ans". Ce vieillissement est particulièrement fort côté fonction territoriale » dont plus d’un tiers des agents ont plus de 50 ans ». (extrait de l’étude Dexia Sofcap, citée par la Revue Parlementaire)



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