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Jus de fruits locaux : un concept qui mûrit

Loire le 28 mars 2015 - Emilie MASSARD - Agroalimentaire - article lu 930 fois

Jus de fruits locaux : un concept qui mûrit
DR - Privilégier la production locale et les marchés haut de gamme semble être une stratégie gagnante

Dans la Loire, les producteurs de fruits sont nombreux, et offrent une matière première intéressante pour les fabricants de jus de fruits. Surfant notamment sur la vague du « consommer local », certains fabricants tirent très bien leur épingle du jeu. Exemples.

Si les producteurs de fruits sont nombreux dans la Loire, et notamment dans le Pilat ou sur les coteaux du Jarez, nombreux sont également ceux qui profitent de cette matière première produite localement. Producteurs transformant eux-mêmes leurs produits, fabricants de jus de fruits comme activité annexe ou producteurs à une échelle quasi-industrielle, les profils de ces entreprises sont variés.

Patrick Font, lui, est venu à la fabrication de jus de fruits presque par hasard. C’est une année de surproduction, en 1992, qui l’a amené à trouver une nouvelle destination à ses fruits sur son exploitation de Saint-Romain-en-Jarez, et à démarrer une activité de prestation de service de transformation des fruits. Après avoir travaillé pendant plusieurs années majoritairement pour un client qui a finalement crée sa propre unité de fabrication, Patrick Font décide de mettre en place son activité commerciale avec sa propre marque. « On fait des produits haut de gamme, destinés aux épiceries fines, aux restaurants étoilés et à l’hôtellerie de luxe, explique le dirigeant de la société de 11 salariés. On a aussi une gamme plus standard destinée à des brasseries ou épiceries, et qui nous permet de garder notre clientèle de proximité. La valeur ajoutée de notre marque, c’est le choix de la matière première, avec un produit le plus qualitatif possible. »

Si le fabricant développe des gammes de jus de fruits exotiques ou d’agrumes et mise sur des marchés à l’export, il n’en néglige pas moins l’implantation locale, en s’approvisionnant dans un rayon de 100 km pour les fruits de saison. C’est certainement grâce au développement de ces différents marchés que le chiffre d’affaires de l’entreprise, en augmentation constante, atteint aujourd’hui 1,5 M€.

« C’est une vraie économie locale »

Jean-Louis Bissardon, fils d’arboriculteurs à Chagnon, a lui aussi commencé petit, et est aujourd’hui à la tête d’une entreprise de 15 salariés à Saint-Paul-en-Jarez. Et il fait le même constat que son confrère : pour réussir, il faut multiplier les marchés et les canaux de distribution. Hôtellerie de luxe et épicerie fine pour le haut de gamme, et grande distribution pour le produit standard.

Mais avec l’essor du "consommer local", il note que les circuits se multiplient. « Aujourd’hui il y a une grosse demande, un retour de la consommation locale. La distribution se développe en dehors des circuits traditionnels, avec des coopératives ou des Amap par exemple. Les gens s’intéressent vraiment à ce qu’il y a dans le produit et d’où ça vient. Chez nous, 95 % de la matière première vient de Rhône-Alpes, et 80 % de la consommation se fait dans la région. C’est une vraie économie locale qui se crée. » Pour la société Bissardon, la stratégie semble aussi payer puisque le chiffre d’affaires atteint aujourd’hui 3,7 M€.

Emilie Massard



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