Fermer la publicité

Joseph Déchelette : éveilleur européen d’archéologie

Loire le 06 mars 2014 - Béatrice Perrod-Bonnamour - Roannais - article lu 1475 fois

Joseph Déchelette : éveilleur européen d’archéologie
(D.R.)

L’exposition labellisée Centenaire, réalisée en partenariat avec le Centre archéologique européen du Mont Beuvray de Bibracte dirigé par Vincent Guichard et avec Le Römisch-Germanisches Zentralmuseum de Mayence (Allemagne) présente 450 objets, prêts des musées d’Orsay, Pompidou, des Antiquités nationales, de Laténium de Neuchâtel (Suisse), Musée des Confluences (Lyon). Joseph Déchelette bien dans ses murs, est mis à l’honneur dans cette exposition qui retrace l’histoire de l’archéologie depuis ses prémices jusqu’à nos jours.

L’exposition labellisée Centenaire, réalisée en partenariat avec le Centre archéologique européen du Mont Beuvray de Bibracte dirigé par Vincent Guichard et avec Le Römisch-Germanisches Zentralmuseum de Mayence (Allemagne) présente 450 objets, prêts des musées d’Orsay, Pompidou, des Antiquités nationales, de Laténium de Neuchâtel (Suisse), Musée des Confluences (Lyon).
Joseph Déchelette bien dans ses murs, est mis à l’honneur dans cette exposition qui retrace l’histoire de l’archéologie depuis ses prémices jusqu’à nos jours. Le grand portrait à l’huile du célèbre archéologue à l’entrée au rez-de-chaussée de l’aile droite du musée, introduit le visiteur. A l’étage supérieur, c’est le buste, sculpture originale en bronze, venue du musée d’Archéologie nationale qui  trône non loin des 5 volumes du Manuel d’archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine, publication de référence, fil rouge de l’exposition déclinée en cinq chapitres chronologiques.

La genèse de l’archéologie

Au commencement étaient  les cabinets de curiosité (XVIe-début du XIXe) regroupant des objets disparates, fossiles biscornus, statuettes intemporelles, bizarreries naturelles. « Princes, antiquaires, érudits, hommes de lettres et de sciences sont les collectionneurs de l’époque, ils seront les pionniers de l’archéologie », raconte Camille Perez, conservateur du musée.
La première moitié du XIXe est marquée par la fondation des premiers grands musées européens et par des découvertes majeures : Olympie et Delphes en Grèce, la Vallée des rois en Egypte. Des institutions de classement et de protection sont mis en place, particulier la commission des monuments historiques en 1834. Les naturalistes, Cuvier, Lamarck, reconnaissent la transformation des espèces ; les historiens  évoquent l’existence d’un temps géologique. La discipline archéologique se structure. Gabriel Bulliot (1817-1902),  oncle de J. Déchelette,  figure éminente de la Société éduenne d'Autun, va initier aux fouilles de Bibracte, son neveu qu’il fera également entrer en 1884, à la Diana, société archéologique et historique du Forez.
La période 1870-1914 est abordée sous le prisme des recherches de J. Déchelette, à partir de ses photographies, lettres, dessins, ainsi qu’une sélection des mobiliers issus de ses fouilles.   La découverte de vases peints alors qu’il est conservateur du musée de Roanne, l’amène à une approche comparative,  typologique. L’archéologue qui se déplace partout en Europe, remarque A Berlin, en 1899, un fragment de céramique peinte comme celle du Mont Beuvray. A Prague, il découvre d’autres céramiques, du matériel de métal, d’émail ou de verre comparables à ceux de Bibracte. Il établit des similitudes, des parentés. Déchelette en déduit qu’ils représentent une même civilisation européenne primitive : celle des Celtes historiques ou la culture de la Tène.
Les deux guerres mondiales (1914-1945) mettent en stand-by  la conquête du passé. L’archéologie est détournée dans une perspective ethnocentriste et ultraviolente. Accent est mis sur les éléments de l’histoire qui singularisent chaque nation.  
De 1950 à nos jours, le passé est mis au service de la reconstruction collective. André Malraux en France étoffe le cadre législatif. L’Unesco installe le patrimoine comme bien universel et instrument de la paix. L’enquête de terrain se structure, se systématise. Prospection géophysique, radiographie, botanique, archéozoologie, sédimentologie, analyse des matériaux, datation… découverte sur le carbone 14, prospection aérienne, subaquatique, imagerie, autant de sciences qui conduisent à l’archéologie préventive, expérimentale.
Forte des avancées technologiques, l’archéologie permettra-t-elle un jour « à partir de l’objet, de reconstituer les mains qui le façonnaient naguère, les gestes, les sons ? ». Pourquoi pas.

Béatrice Perrod-Bonnamour

Musée Joseph-Déchelette à Roanne, jusqu’au 11 novembre.


A retenir

Colloque international La construction de l’archéologie européenne (1862-1914), en hommage à Joseph Déchelette, organisée par le Programme commun de recherches sur la correspondance et les archives de Joseph Déchelette, (en particulier le laboratoire Traces de l’Université de Toulouse le Mirail). Centre Pierre Mendès France à Roanne les 12 et 13 juin. Entrée libre.
Une biographie sur Joseph Déchelette, Un précurseur de l’archéologie européenne, ouvrage collectif de membres de l’association Parents et Amis de Joseph Déchelette, historiens, scientifiques, sous la direction Sandra Peré-Noguès, maître de conférence à l’Université de Toulouse, responsable du Programme commun de recherches. Prix 39 €  en librairie,  musées Déchelette et de Bibracte. Parution le 11 juin 2014. Souscription : 30 €, 4 € de port, auprès de l’association Parents et Amis de Joseph Déchelette, C/O Denis Jacquemont, chemin de la Grye 42820 Ambierle.



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide