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Jocelyne et Victor Caniato, côté jardin

Rhône le 05 juin 2015 - A. G.-P. - Sciences, Santé, Environnement - article lu 609 fois

Jocelyne et Victor Caniato, côté jardin
D.R. - M. et Mme Caniato nous invitent à la promenade

Propriétaires d'un jardin de 3 000 m2 à Chaponost qu'ils ont conçu comme une œuvre d'art, Jocelyne et Victor Caniato ouvrent leurs portes pour les « Rendez-vous aux jardins » des 6 et 7 juin. A travers les plantes, les sculptures et les peintures, ils racontent une histoire spirituelle de rencontres, de vie et d'amour.

C’est un beau jardin, c’est une belle histoire, c’est une romance d’aujourd’hui… Une chanson que Michel Fugain aurait pu écrire pour Victor et Jocelyne Caniato dont la rencontre, qui n’a pas eu lieu sur l’autoroute des vacances, a façonné l’existence et s’est matérialisée par la construction d’un espace végétal et minéral.

D’origine italienne, Victor Caniato exerce plusieurs métiers en région parisienne avant d’entrer aux Beaux-Arts à Lyon. Quelques années d’études qu’il décrit comme « le paradis sur terre » où il peut enfin exprimer sa sensibilité artistique. Lorsque son chemin croise celui de Jocelyne Croizy, la jeune femme enseigne les sciences de la nature avec une pédagogie innovante dans un collège lyonnais. Elle s’intéresse de très près au monde de l’art et retourne habiter dans sa maison natale à Chaponost qui deviendra le repaire de leur vie familiale. Le jardin n’est alors qu’un verger de 3 000 m2 en zone agricole, entouré de prés avec des vaches.

En 2001, un problème de santé fait prendre conscience à Victor que ce jardin peut donner du sens à son œuvre. « J’imagine mes sculptures au cœur de cet espace champêtre. » Il réalise une maquette et compose alors librement un projet ouvert à diverses formes artistiques, avec l’aide du paysagiste Hervé Delangle. « C’est un jardin à portée de main, fait par des gens ordinaires. C’est la sueur de notre travail, la synthèse de nos passions », confie Jocelyne. Une trentaine d’œuvres d’art, réalisées par Victor Caniato et divers artistes, parsèment le jardin et attisent la curiosité. Des visites privées sont organisées pour un public très diversifié. Des artistes, des voisins et des amateurs de nature et d’art viennent fréquemment découvrir cet enclos atypique au cœur de la campagne lyonnaise.

Depuis quatre ans, les propriétaires participent à l’opération « Rendez-vous aux jardins » et ouvrent leurs portes le temps d’un week-end. En 2014, 500 personnes ont ainsi admiré le bassin biologique, le potager, les arbres fruitiers, les fleurs itinérantes et le cheminement des sculptures, peintures, vitraux, céramiques, mots et poèmes. Tout est tracé dans une perspective intuitive. Rien n’est laissé au hasard, la visite fait écho à une histoire, la métaphore d’une rencontre, faite de joies, de peines, de bonheur et de souffrance. « Pour construire un jardin, il faut de l’imagination. L’histoire est un support fantastique. »

Victor Caniato est un guide et un conteur habile lorsqu’il entraine le visiteur sur son terrain. « Il est très talentueux, il peut faire rire ou pleurer », avoue Jocelyne. Car il raconte son histoire, depuis Ferrare en Italie où il jouait dans le jardin d’art étrusque près de la maison de sa grand-mère, et l’agrémente des souvenirs de Jocelyne, observatrice inlassable des insectes et des ciels étoilés. « Le jardin est un écrin formidable, il est le reflet de la vie. Il fait voyager. C’est un lieu de liberté, c’est notre univers, notre monde. Il offre un moment de paix. Après la rencontre de l’amour, ce jardin est la plus belle aventure de ma vie.  Il est en quelque sorte la cristallisation et la pérennisation de mon histoire. »

Dans son atelier au sommet du jardin, Victor Caniato domine le paysage. S’il expose ses œuvres régulièrement dans des galeries, c’est dans son jardin qu’il envisage de les présenter d’ici deux à trois ans, comme un bouquet final, avant de se lancer dans un travail de dessin. A l’instar de Monet à Giverny, dans ce lieu qui l’inspire et qui lui procure une sensation de bien-être qu’il définit tout simplement. « Dans mon jardin, je suis peinard ! »



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