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Jocelyn Quillon, herpétologue

le 16 mars 2015 - Louis Fournier - Sciences, Santé, Environnement - article lu 238 fois

Jocelyn Quillon, herpétologue
LF - Jocelyn Quillon, herpétologue

Dans sa tendre enfance, Jocelyn Quillon s'éclipsait régulièrement de la maison familiale pour découvrir un environnement riche d'espèces végétales et animales variées à Virieu. Portrait.

Bien vite, les adultes lui enseignèrent que les serpents étaient de «sales bêtes» qu’il fallait détruire à la moindre occasion… Vierge de tout à priori, ceci l’intrigua et l’incita à vouloir connaître ces mal-aimés, bannis par la tradition et la peur ancestrale. Il se documenta. Le 31 mai 1970, Jocelyn Quillon trouve à Virieu une couleuvre vipérine (inoffensive) qu’il élève pendant 17 ans et demi. Elle meurt de vieillesse âgée d’au moins 23 ans. Le plus extraordinaire est le fait qu’elle pondit deux fois en 1976 des œufs fécondés alors qu’elle n’avait pas été mise en présence d’un mâle en captivité. Ces œufs donnèrent naissance à 5 jeunes le 26 août et 8 jeunes le 28 octobre 1976, dont des jumelles ! On sait que les reptiles (lézards, serpents, tortues) peuvent conserver des spermatozoïdes vivants dans les voies génitales de la femelle pendant plusieurs années, comme cette couleuvre américaine (Leptodeira annulata) qui pondit des œufs fécondés 6 ans après un accouplement. La couleuvre vipérine de Jocelyn bat très légèrement ce record puisque c’est 6 ans également mais avec deux pontes dans la même année ; ceci constitue un événement encore plus exceptionnel. Des publications ont d’ailleurs été faites à ce propos dans des bulletins spécialisés en herpétologie.


18 pays européens les protègent : le Lichtenstein depuis 1933 et la France (le 5ème) où il y est « interdit de détruire, de transporter et de commercialiser toutes les espèces de reptiles et qu’ils soient vivants ou morts, sur tout le territoire national ». Cependant, protection partielle pour la vipère aspic et la vipère péliade dont seule la destruction est autorisée. Elles doivent être laissées sur place. Le bon sens et le respect de la nature devraient nous éviter de détruire ces espèces utiles qui deviennent rares et qui consomment chacune une cinquantaine de rongeurs par an. Il faut souligner que même si leur morsure est dangereuse, les accidents mortels sont exceptionnels en France. Les guêpes et les frelons font beaucoup plus de victimes.

Une aventure passionnante

Toutes ces expériences dans la nature, avec les animaux, l’amenèrent à étudier les reptiles, à faire de la photo, des films animaliers et des conférences pendant près de 40 ans pour lutter contre des croyances insensées. Savez-vous qu’aucun serpent ne peut téter les vaches car la morphologie de la bouche ne le permet pas et le lait n’est ni un aliment ni une gourmandise pour serpent ; de plus ils sont incapables d’hypnotiser leurs proies. Sachez que les vipères rouges ne sont ni plus venimeuses ni plus agressives que celles qui sont noires ou brunes. Et Jocelyn a fait sienne la phrase du Docteur Albert Schweitzer : « C’est la sympathie de l’homme pour toute créature qui, avant tout, fait de lui un homme. »

Louis Fournier
 



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