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Jean Rauscher, caméléon de l'entreprenariat

Rhône le 19 décembre 2014 - S.B. - Économie - article lu 648 fois

Jean Rauscher, caméléon de l'entreprenariat
D.R.

A 52 ans, il en est déjà à sa troisième co-fondation de société. Montée de toutes pièces puis cédée une fois rentable, chacune marque une étape de son dessein : imaginer un projet capable de changer en profondeur la vie quotidienne. Ce qu'il compte bien faire avec Yseop.

Jean en France, John aux Etats-Unis. Le prénom du CEO (chief executive officer, ou directeur général) d’Yseop colle à son quotidien comme un caméléon change de couleur au contact de la surface qu’il occupe.
Une adaptabilité qui caractérise le personnage, qui vit presque la moitié du temps à Dallas. Pas « pour des raisons fiscales », tient-il à souligner, mais bien parce qu’il est chargé du développement du marché américain. « Une PME technologique comme la nôtre ne peut survivre que si elle est très présente à l’export », explique en préambule celui qui a justement écrit un livre sur le sujet, PME, réussir à l’international, préfacé par Christine Lagarde, directrice générale du FMI.
Un ouvrage écrit entre « deux sociétés », une façon de s’occuper - un peu - mais surtout de faire partager son expérience et d’analyser les points à améliorer. « Même si l’aventure s’est soldée par un énorme succès, on fait toujours des erreurs », commente-t-il.
A ce moment de l’histoire, il vient de terminer la transmission de sa seconde société, Sunopsis, au géant du logiciel Oracle. Parti de zéro, il l’a cède après quatre ans d’activité florissante pour un montant que son fondateur qualifie, dans un sourire, de « très confortable ».
Avant Sunopsis, Jean Rauscher avait monté Cyrano, qu’il introduit en bourse au bout de trois ans. Entre les deux, il écrit son premier livre, A la conquête de la Silicon Valley, « toujours pour les mêmes raisons », souligne-t-il.
Qu’est-ce qui fait de lui un entrepreneur à succès ? « Je crois en l’intelligence collective, je n’ai jamais monté ces sociétés seul, j’ai toujours été associé : on ne peut pas tout faire, notre secteur est trop complexe », répond-il sans hésitation. Une association doublée d’un facteur chance, « qui compte à 50 % dans la réussite », estime-t-il. A cela, s’ajoute sa connaissance approfondie du marché nord-américain : il est diplômé de l’université de Berkeley en Californie et cumule près de quinze ans de vie américaine. Et une bonne dose d’humilité.
En dépit de plusieurs tours du monde, il reste attaché à Lyon, qu’il découvre en 1990 quand il s’y installe en tant que développeur du réseau français de Sybase, un autre poids-lourd de l’édition du logiciel. « Mes passages dans de grandes multinationales m’ont appris la rigueur dans l’organisation. J’en ai tiré les meilleures pratiques », indique-t-il.
Mais la création d’entreprise n’est déjà qu’une question de temps : « Quand je commence à perdre de l’énergie en interne pour faire passer des conditions normales pour mes clients, c’est pour moi le signal qu’il faut partir. Et là ce fut la bonne occasion ». Issu d’une lignée de militaires, il prend pourtant le pas de l’entreprenariat, une orientation qu’il attribue à un passage important de son adolescence : « A cause d’un incident à l’œil, j’ai été obligé de quitter l’internat. J’ai fini ma scolarité par correspondance à la campagne. Puis j’ai poursuivi comme ça pendant quelques années. A côté de mes études, je travaillais à la ferme. Cela m’a beaucoup apporté », explique ce grand curieux.
Désormais, ce père de trois grands enfants, amateur de golf, s’attèle au succès de « sa troisième pépite », Yseop, un moteur d’intelligence artificielle « qui écrit et dialogue comme un humain », dont le siège social est à Lyon. Déjà utilisé par de grandes institutions internationales, il est aussi la base des futurs sites et interfaces de recherche personnalisables. Toujours en association, il avance, patiemment et sans aucun frein, vers son objectif ultime : imaginer et construire une innovation technologique, facile à acheter, pour changer fondamentalement la vie des gens. Tel un petit Google, par exemple.

S.B.



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