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La chronique de Jacques Plaine : Tour de France, les prodigieuses histoires, de Jean-Paul Vespini

le 20 juillet 2015 - Jacques Plaine - Livres - article lu 188 fois

La chronique de Jacques Plaine : Tour de France, les prodigieuses histoires, de Jean-Paul Vespini
Jean-Paul Vespini - Tour de France, les prodigieuses histoires - Mareuil Editions - 16 EUR

La Grande Boucle, formidable creuset où d'année en année se forgent les plus belles histoires de vélos, d'hommes et de champions. Dès la deuxième étape de la première édition des énergumènes un peu trop chauvins firent - au col de la République - la fête à quelques coursiers dont Maurice Garin obligeant Henri Desgrange le patron du Tour à sortir son revolver. C'était parti comme en 14… alors que nous n'étions qu'en 1903 !

Jean-Paul Vespini à qui nous avons eu le plaisir de remettre, en mars dernier, le prix Louis-Nucéra vient de sélectionner vingt de ces histoires en guise de feu d’artifice du 14-Juillet. Et s’il n’a pu faire l’économie de quelques exploits incontournables comme le duel Poulidor-Anquetil sur les pentes du Puy de Dôme, la victoire de Thévenet à Pra Loup, mettant à genoux le grand Merckx - ou le hold-up de Greg LeMond renvoyant pour 8 secondes le plus intellectuel de nos champions à ses chères études, il s’est amusé à retrouver dans la grande légende de « Notre Noël de l’été » comme l’appelait Louis Nucéra, quelques anecdotes qui avaient échappé à la sagacité de Pierre Chagny, le pape des historiens du Tour.

Il ressort même du fin fond du fonds des archives de ce premier Tour un épisode peu glorieux pour le futur vainqueur, Maurice Garin. Celui-ci - et un 14-Juillet ce qui n’arrange rien - piétina de rage le vélo d’un adversaire, Fernand Augereau, qui avait eu l’outrecuidance de vouloir lui aussi gagner l’étape.

Parmi d’autres histoires  prodigieuses  - et qu’il a réussi à sortir du placard aux oublis - il raconte l’incroyable clap de fin de l’étape Pau-Bordeaux 1937. La tension était à son comble entre l’équipe française emmenée par Roger Lapébie et l’équipe Belge de Sylvestre Maes : des coureurs pénalisés pour poussettes, un passage à niveau qui se ferme un peu trop rapidement, des commissaires obligés de s’affubler de fausses barbes, des coureurs attaqués au poivre vert, un maillot jaune qui hésite à porter la tunique, des journaux qui publient (à toutes fins utiles) le numéro d’immatriculation de la voiture de certains  commissaires, Henri Desgrange qui se cache dans le car des PTT, la police qui s’en mêle, la politique qui en rajoute, bref une situation si tordue que les coureurs belges brûlent le départ du lendemain et sautent dans le premier train pour ailleurs : «J'ai une femme et des enfants, je ne voulais pas me faire massacrer », pleurnicha Sylvestre Maes.

D’incroyables histoires dénichées dans des archives oubliées. Piqûres de rappel pour les uns, parcours initiatiques pour les autres, régal pour tous assuré.

Jacques Plaine 

Tour de France, les prodigieuses histoires, Jean-Paul Vespini, Ed. Mareuil, 16 €.



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