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Jean-Paul Bret : « Nous souhaitons un pôle métropolitain avec Grenoble et le Grésivaudan »

Isère le 27 novembre 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 1138 fois

Jean-Paul Bret : « Nous souhaitons un pôle métropolitain avec Grenoble et le Grésivaudan »
Jean-Paul Bret (D.R.)

Comment est née la communauté d’agglomération du Pays Voironnais (CAPV) ? Il y avait 3 entités : le SMAV (Syndicat mixte d’aménagement du voironnais) qui était en réaction à l’idée d’une ville nouvelle sur Saint-Cassien, Réaumont, Saint-Blaise-du-Buis qui était un projet porté par l’agence d’urbanisme de Grenoble.

Comment est née la communauté d’agglomération du Pays Voironnais (CAPV) ?

Il y avait 3 entités : le SMAV (Syndicat mixte d’aménagement du voironnais) qui était en réaction à l’idée d’une ville nouvelle sur Saint-Cassien, Réaumont, Saint-Blaise-du-Buis qui était un projet porté par l’agence d’urbanisme de Grenoble. Le SIVOM de la Valdaine (Syndicat intercommunal à vocation multiple) qui existait il y a même un peu plus de 40 ans. Et le SIVOM du tour du lac de Paladru, qui avait une vocation essentiellement touristique, d’assainissement et d’urbanisme. En 1994, le SMAV est devenu communauté de communes, en 1995 les deux SIMOV se sont regroupées en communautés de communes, et en 2000 les 3 se sont regroupées en communauté d’agglomération. Ce fut une démarche volontaire, même si Voiron répondait à elle seule aux critères pour devenir communauté d’agglo. Voiron, est devenue le centre géographique du pays voironnais, ce qui n’était pas le cas avant. Le centre économique reste situé sur Centr’Alp.

A l’avenir, comment allez-vous vous positionner entre les deux métropoles de la région ?

On ne peut que constater qu’aujourd’hui, notre dynamisme économique dépend de celui de Grenoble, du pôle universitaire et du pôle recherche et développement. Les frontières statutaires ne correspondent pas aux réalités vécues. Ce sera d’ailleurs le thème de la table ronde que nous organisons : comment concilier les frontières institutionnelles fixes, et les territoires vécus, ou bassins de vie, qui dépendent de chaque individu ? Le pays voironnais correspond assez bien à cette notion de bassin de vie d’ailleurs. Mais de manière générale, il faut qu’entre intercos, on ait des collaborations fortes.

Certains élus de la Métro appellent à un travail commun notamment pour ce qui concerne les transports. Trouvez-vous cette option souhaitable ?

Oui. Avec la Métropole et le Grésivaudan, on souhaite la création d’un syndicat mixte « pôle métropolitain » pour partager des grandes politiques, économiques, ou de mobilité. C’est évident, souhaitable et possible, sans pour autant être complètement englobé.

Donc vous êtes pour le rapprochement, mais n’envisagez pas une fusion à long terme ?

Il serait très intelligent de collaborer sur les grandes problématiques trans-territoires. Mais il n’y aurait pas d’intérêt à créer une grosse structure qui serait difficile à piloter.

Certains élus de la future métropole dénoncent une forme de dumping des zones économiques, comme la CAPV, pour attirer les entreprises au détriment de la métropole. Comment réagissez-vous ?

J’espérais que ça appartienne au passé, je constate que c’est encore présent. Il faut arrêter la concurrence entre territoires. Si une grosse entreprise ne peut pas s’installer sur la Métro parce qu’elle manque de place, qu’elle vienne sur le Voironnais et on partagera les retombées fiscales. Et si on globalise, on constate que la métro continue d’améliorer son ratio actifs/emplois, alors que tous les autres territoires ont ce ratio qui se détériore. Le Scot pose comme objectif un meilleur équilibre entre emploi et habitat, et la métro continue de concentrer l’emploi. Que ce soit dans l’emploi privé ou public, comme les centres de soins, l’Etat à la tentation de vouloir concentrer.

Vous dites qu’il ne faut pas de logique de concurrence entre les territoires, mais il y a quelques jours, vous avez réalisé un coup de force en rapatriant sur votre territoire le festival international du cirque « de Grenoble » (voir encadré). Souhaitez-vous vous introduire dans chaque brèche concédée par la métropole ?

Ce festival s’appellera à l’avenir le festival de cirque « Grenoble-Voiron ». Mais valait-il mieux qu’il n’y ait plus de festival plutôt qu’on essaie de le maintenir en le déplaçant de 25km ? On a proposé cette solution à l’organisateur qui est un acteur privé. Les retombées vont se faire sentir à Grenoble car le monde sera surement logé à Grenoble. Et aujourd’hui je n’ai eu aucune réaction négative d’Eric Piolle ou de Christophe Ferrari. On ne le fait pas que pour le pays voironnais, comme nous ne maintenons pas le Grand Angle que pour les locaux. Les retombées sont plus vastes.

Autre sujet qui divise le territoire, qu’en est-il aujourd’hui du nouvel hôpital de Voiron ? Quels services conservera-t-il ?

C’est fait. Simplement il faut que l’on reprenne toutes les démarches administratives puisqu’on avait fait 2 déclarations d’utilité publique, il n’en faut qu’une, et le permis de construire n’est plus valable. Donc on est au travail pour tout remettre en ordre. La maternité sera conservée. La cuisine sera mutualisée à l’hôpital de Saint-Laurent-du-Pont. La stérilisation sera à Grenoble, et au niveau de la biologie, le laboratoire sera moins important que prévu et ne traitera que les urgences. Le non-urgent sera traité à  Grenoble. Mais l’hôpital devrait être inauguré fin 2017, début 2018, et ce sera un vrai partenariat public-privé, quasi unique, puisque des blocs opératoires seront communs à la clinique et à l’hôpital.

Pour revenir sur le programme de l’anniversaire, qu’avez-vous prévu le 1er décembre à la salle des fête de Voiron ?

Il y a d’abord la table ronde dont je vous ai déjà parlé, en présence de Christophe Ferrari, Alain Cottalorda ou encore du PDG de Poma Jean Souchal. Une soirée à la salle des fêtes de Voiron le 1er décembre, ouverte à tous. Et ce sera l’occasion de découvrir un petit film qui présente le pays voironnais, et surtout, on a édité un petit livre dans lequel il y a 40 portraits de 40 acteurs majeurs des différentes intercommunalités de départ. Ce sont 40 témoignages.
Voiron fait son cirque
C’est officiel depuis plusieurs jours, Voiron sera la prochaine terre d’accueil du festival international du cirque qui se tiendra du 19 au 22 novembre prochain. Organisé depuis 13 ans au Palais des sports de Grenoble, les changements de gestions dus à l’arrivée de la municipalité Piolle rendent sa future organisation impossible. Qu’à cela ne tienne,  la CAPV a sauté sur l’occasion de renforcer sa notoriété et son rayonnement. A la clé : des retombées tant en termes économiques qu’en termes d’image. La  compétition internationale attire plus de 17000 spectateurs chaque année, et accueille 80 artistes. Pour les accueillir, un chapiteau géant sera installé au domaine de la Brunerie. Composé de 16 mâts, sa surface totale sera de 4000m², soit la capacité d’accueillir 3500 spectateurs (capacité égale à celle du palais des sports).

Propos recueillis par Caroline Thermoz-Liaudy



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