Fermer la publicité

Jean-Paul Bret : « Le Pays voironnais est un territoire diversifié à ne pas cloisonner »

Isère le 03 juin 2014 - Caroline Thermoz-Liaudy - Région grenobloise - article lu 1173 fois

Les 3 plus grandes communes de l’agglomération ont basculé à droite lors des élections municipales.

Malgré cela, vous avez conservé la présidence. Va-t-on vers une opposition entre les communes urbaines et les communes rurales ?

Je ne crois pas et je ne l’espère pas. Cela traduit surtout le fait que le pays voironnais ce n’est pas seulement de camps politiques qui s’affrontent. C’est d’abord les enjeux d’un territoire très diversifié. La ville-centre, Voiron compte plus de 4000 habitants, mais la composante rurale y est très importante. C’est à prendre en compte. De même que les enjeux sont différents pour Voiron, et pour les pôles urbains que sont Voreppe, Moirans ou Tullins. Je pense que ma réélection, tient du fait que j’ai su lors du mandat précédent ne négliger aucune de ces composantes. Les élus du conseil communautaire m’ont refait confiance car j’ai une approche territoriale qui est à la hauteur des enjeux. Et de toute façon, le bilan du précédent mandat est collectif. Le mode de gouvernance dépend du président, mais les politiques sont celles de conseil.

Quelles seront les grandes actions à mener ou à poursuivre au cours du mandat qui commence ?

On sait que le mandat va être plus difficile. Financièrement on n’aura plus les mêmes moyens. Il faut savoir faire avec ces contraintes-là. Dans le cadre d’une intercommunalité, la solidarité et le partage équitable sera essentiel pour le territoire et ses habitants. Il faut se méfier du cloisonnement. L’économie ne va pas sans le logement ou sans les déplacements. Les entreprises ont besoin d’un écosystème qui leur apporte à elles et à leurs salariés les services dont ils ont besoin. C’est pourquoi les « intercos » doivent avoir un nombre suffisant de compétences pour pouvoir traiter ces problématiques dans leur globalité. L’économie, le transport et le logement sont 3 compétences obligatoires, même si pour le logement, les communes restent des actrices importantes avec les PLU. Mais la CAPV est doté d’un Plan Local de l’Habitat réalisé ensemble pour territorialiser les objectifs.
Si aujourd’hui la CAPV ne perd pas d’habitants, ce n’est pas le cas de Voiron. Notre dynamique démographique est inférieure à celle du département. Parce que nos logements sont trop chers. Un des enjeux repéré lors du précèdent mandat et qui reste notre priorité c’est la production de logements abordables en sites urbains, hors logements sociaux, car il ne faut pas oublier l’accès à la propriété. Pour cela il faut maitriser le foncier pour vendre aux promoteurs des parcelles à des prix qui leurs permettront de proposer des logements autour de 2600€ le m². Cette façon de ré-urbaniser les villes permettrait aussi de ménager les terres agricoles, ou d’optimiser le fonctionnement des transports en commun.

Vous êtes donc parfaitement en accord avec le SCOT qui définit des zones urbaines et périurbaines, et de grands espaces ruraux ?

Oui, même si le zonage systématique n’est pas bon. Aujourd’hui on a des zones d’habitats, des zones d’emplois, des zones commerciales…espacées d’une vingtaine de kilomètres en moyenne, ce qui crée des flux, des frais et des pollutions. Et une qualité de vie moindre puisque les gens apprécient d’avoir de la vie la journée comme le soir. Actuellement, le soir et le week-end à Centr’Alpes les parkings et les espaces verts sont vides ! C’est de l’espace gaspillé. En ville c’est l’inverse. C’est un mode de développement coûteux et consommateur d’espace.

Existe-t-il déjà des projets de quartiers mixtes comme ce que vous décrivez ?

Oui. DiverCité est en cours de réalisation à Voiron et partage la logique économique, le logement et le transport puisque situé à proximité de la gare. On a aussi en perspective Rossignol-République sur Voiron, ou Vallon-Sud-Morges. On a aussi une réflexion sur le quartier de Plan-Menu à cheval sur Saint-Jean-de-Moirans, Coublevie et Voiron. Avec la volonté d’Anthésite de s’agrandir et de déménager (peut-être à Centr’Alpes), nous auront un nouvel espace à exploiter pour le logement. Et on n’exclue pas les communes rurales qui souhaitent dynamiser leur centre-village avec des commerces, ou des logements, afin de maintenir une densité. C’est ce que j’ai fait sur ma commune du Pin.

Vous êtes justement à la fois président d’une communauté d’agglomération et maire d’une commune rurale. Selon-vous quelle serait la strate à supprimer dans le 1000 feuilles français ?

L’agglomération est pertinente, et en même temps la commune n’est pas à supprimer. Malgré tout il en faudrait moins. Je vous donne un exemple. Autour du lac de Paladru il y a 5 communes. Ça marcherait aussi avec une seule. Toutes les associations sont intercommunales, et elles doivent attendre que 5 conseils municipaux votent sur la même délibération. Je pense que la fusion viendra. On peut garder la proximité : 5 accueils publics, mais un seul conseil, un maire et des adjoints qui représentent chaque identité territoriale. Si demain au lieu de 34 communes, il y en a 14 avec plus de 5000 habitants partout, la gouvernance du pays voironnais serait plus pertinente. A mon sens, c’est le conseil général qui peut être remis en cause. Mais là encore, rien n’interdira aux régions de délocaliser au niveau de chaque département.

Caroline Thermoz-Liaudy



À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide