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Jean-François Basson, Out of Africa

Loire le 09 janvier 2015 - Florence BARNOLA - Actualités - article lu 1380 fois

Jean-François Basson, Out of Africa
FB - Le PDG de Super a laissé son coeur en Centrafrique

La vie du fondateur et président du groupe Super ressemble au célèbre personnage de Karen Blixen immortalisé à l'écran par Robert Redford. Jean-François Basson à découvert l'Afrique à travers le safari. Depuis 26 ans, il voue un amour profond pour ce continent et ses habitants. Portrait.

Deux à trois fois par an il s’envole vers le Berceau de l’Humanité pour partir chasser. Une passion qu’il a héritée d’un ami. Avant 1988, il n’était jamais allé en Afrique. « J’ai découvert un continent merveilleux. Les Africains sont merveilleux aussi. Ils sont tellement gentils, sans un brin de méchanceté. Attention, dans les capitales c’est différent. Mais en brousse, dans les villages… ce sont nous, Européens, qui les avons corrompus dans les capitales… »
De l’ouest à l’est, du nord au sud il a arpenté des kilomètres dans la brousse du Sénégal, de la Gambie, du Burkina Faso, de la Guinée-Bissau, du Tchad, du Cameroun, de la Centrafrique, de la Tanzanie, du Zimbabwe, du Mozambique, de l’Afrique du Sud, de la Namibie... « Il y a des animaux qui vivent dans une région d’Afrique et pas dans une autre. Par exemple, d’un côté du Nil vous avez des zèbres à l’est et de l’autre côté à l’ouest il n ‘y en a pas, c’est quand même fabuleux ! La nature qui m’a le plus touché c’est en Tanzanie. C’est tellement beau ! Dans le Selous il y a des animaux de partout, on ne peut pas passer une minute sans voir des gnous, des éléphants, des lions, des girafes, des buffles…Un zoo grandeur nature, c’est impressionnant. »
Généralement, entre janvier et mars, il part au Cameroun ou en République Centrafricaine. « Enfin, j’y allais parce que cela fait 3 ans que je ne suis pas allé en Centrafrique.» Il s’attriste de la dégradation de la situation : « un de mes pisteurs m’a appelé dernièrement. Cela n’a pas évolué depuis un an, la France a sécurisé Bangui et son aéroport mais ça tire encore tous les jours dans la capitale, les rebelles sont repartis en province où ils font la loi. Quand les habitants entendent un 4x4 ils vont vite se cacher parce qu’ils les pillent et commettent des actes horribles. On ne se rend pas compte de tout ça, on est loin, loin ! C’est leur pain quotidien depuis plus de 20 mois.» Il semble profondément peiné : « pour les aider je leur envoie de l’argent, je n’ai pas peur de le dire, ils savent qu’ils peuvent compter sur moi jusqu’à la fin de mes jours. Ils sont plus que ma famille… » Il en parle avec grande émotion, ses yeux scintillent, il martèle ses mots. « Ils m’ont protégé, fait vivre des moments intenses, des joies. Ils me portaient presque, m’encourageaient quand je n’en pouvais plus sous la chaleur. » Il montre alors sur son ordinateur des photos, chaque image lui rappelle un souvenir, le fait sourire. « Grâce à eux aujourd’hui je ne crèverai pas de soif en pleine brousse. Ils m’ont appris que lorsque l’on n’a plus d’eau on va couper une liane d’eau. A l’intérieur, de l’eau coule très bonne à boire. »

« On ne tire pas n’importe quoi »

A Saint-Genest-Lerpt au sein du site regroupant les trois départements de Super, des photos de famille sont accrochées aux murs de son bureau : sa fille Philippine à 6 ou 7 ans  «  aujourd’hui elle travaille à Super, elle a 24 ans», ses deux fils adolescents chaussés de skis ou devant les Chutes de Victoria « Benjamin est maintenant chirurgien orthopédique à l’hôpital Nord. Garry a 30 ans et depuis près de 7 ans il est à la tête du département étanchéité, ça marche bien.» Et la petite dernière, Colline, « qui a 5 ans et demi ».

Une photo reportage d’un lion trône sur le mur en face du bureau. Celui-ci, il ne l’a pas chassé. « Je pars 15 jours ou 3 semaines avec un guide de chasse et des pisteurs. On vit, bivouac, en groupe de 6 ou 7, en pleine brousse. On ne chasse jamais en voiture. » Cela se fait avec des règles, en respect avec la nature, « On part avec des objectifs : chasser des élans de Derby, des buffles… On ne tire pas n’importe quoi, seulement des mâles âgés. » Ce n’est pas tuer qu’aime Jean-François Basson : « La trophéite ne m’intéresse pas du tout,  moi c’est le côté difficulté que je cherche, c’est pister… On va peut-être partir à 6 h du matin sur une trace et tirer l’animal à 13 h ou peut-être même pas le tirer, le vent aura tourné il sera parti comme un papillon on ne le reverra plus. »  La viande est laissée aux autochtones : « il ne se perd jamais un gramme de viande de ce que l’on chasse. » Il confie quelques aventures périlleuses : « j’ai subi une charge de lion blessé, ça fait peur, on est tout petit, on se demande pourquoi on est là…Comme un buffle blessé c’est dangereux, j’ai eu une charge de buffle une fois, j’ai pu tiré entre les deux yeux, il a fini à mes pieds en luge. Il ne faut pas tirer n’importe où sur un animal, il faut tirer pour le tuer et non pas le blesser. Il faut essayer de viser le cœur sauf pour le crocodile où il faut tirer entre les deux yeux .»
Depuis de nombreuses années le PDG ligérien poursuit inlassablement une quête, de l’ordre de celle du Capitaine Achab : « l’élan de Derby, l’antilope la plus dure à chasser. Elle est tellement belle, elle pèse 900 kg. En Centrafrique on l’appelle “bozobo“ ça veut dire le fantôme. C’est magique, elle mange en marchant toujours sur le qui-vive. Cet animal, il se mérite. »
A l’heure qu’il est, Jean-François Basson doit sûrement sillonner la brousse du Cameroun… « C’est ma drogue » avait-il lâché quelques semaines auparavant.

Florence Barnola
 

-Date :  1988, ma découverte de l’Afrique

-Lieux : Les Bruyères dans la plaine du Forez et Gafounga au milieu de la Centrafrique

-Personnalité : Mon père

-Phrase : « Parti de rien, arrivé à rien mais a fait un beau parcours » ; phrase d’un ami aujourd’hui décédé

-Ambition : De retourner chasser en Centrafrique avec mes fidèles pisteurs
 



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