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Jean-François Barnier dénonce l'asphyxie programmée des communes

Loire le 10 avril 2015 - Daniel Brignon - Collectivités locales - article lu 318 fois

Jean-François Barnier dénonce l'asphyxie programmée des communes
Daniel Brignon - En résistance à « La mort lente et inéluctable des communes »

L'AMF 42 (Association des maires de France Loire) tient ce vendredi 10 avril sa première assemblée générale après un an de mandat des nouvelles municipalités. Une assemblée tenue dans un contexte tendu par les restrictions de moyens de la part de l'État aux collectivités, excessifs aux yeux du président de l'AMF 42, Jean-François Barnier, qui en dénonce l'ampleur, mortifère pour les communes.

C’est une première assemblée générale après un an de mandat ?

Nous avons tenu une première assemblée le 31 mai dernier qui était une assemblée d’installation après les élections municipales. Ce sera cette fois la première grande assemblée générale de maires au terme d’une année complète de mandat.

Quels sujets allez-vous aborder ?

Seront abordés les problèmes que nous vivons pour le moment, je veux parler des problèmes financiers de nos communes et intercommunalités suite à la réduction des dotations, insupportable, de la part du gouvernement. Ce n’est pas par hasard que nous avons de 16 000 à 17 000 pétitions demandant à revoir le trop gros effort demandé aux collectivités locales en un laps de temps aussi court. C’est insupportable et cela risque des conduire un nombre important de communes à se mettre sous la tutelle de l’État. Un rapport sénatorial a effectué une projection qui indique dans ces conditions qu’un tiers des communes serait en 2017 dans l’impossibilité de tenir un budget équilibré.

Vous observez ce risque dans la Loire ?

On observe des situations très délicates dans des communes pas forcément endettées, mais qui pour des raisons historiques ont un fonctionnement important. Elles vont arriver à la situation de ne plus pouvoir assumer l’essentiel.

Il est question que nous présentions, soumise à l’approbation des maires présents, une motion pour demander une énième fois l’étalement de l’effort communal réclamé.

Un étalement pas une remise en cause ?

On n’est pas contre un effort collectif que demande la situation de la France, mais un effort collectif compatible avec les possibilités financières des communes, qui sont les plus affectées.

D’autres sujets de préoccupation ?

Préoccupation encore des communes au sujet de la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République) avec l’établissement d’un seuil de 20 000 habitants pour les intercommunalités. C’est surréaliste pour nombre de territoires y compris pour la Loire. Pire encore est notre crainte de voir instituer l’élection des intercommunalités au suffrage universel, qui créerait un divorce entre les exécutifs des communes et leurs représentants dans les intercommunalités. Nous proposerons une motion pour nous élever contre cette tentation. À l’AMF on est vent debout contre cette vision remise au goût du jour.

Ce serait la mort des communes ?

Cela y contribuerait comme le fait de couper les moyens aux communes. On met les communes sous pression, sous dépendance, sous Tranxène (tranquillisant, Ndlr) des intercommunalités. On aurait pu choisir une mort violente pour les communes, euthanasier les communes. Non, on a choisi par ces moyens une mort lente et inéluctable des communes.

Il est question également dans votre ordre du jour de laïcité ?

Ce sera un temps fort de notre assemblée, une table ronde sur la laïcité, importante, pour laquelle nous avons reçu les félicitations de l’AMF, car c’est la première qui se tient en France. La laïcité n’est pas inscrite parmi les devises de la République, mais c’est pourtant l’une de des plus importantes. La laïcité protège le citoyen et protège la République en même temps. Il est temps de se prémunir des coups de canif à la laïcité.

 

Propos recueillis par Daniel Brignon



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