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Jean-Claude Darlet, président de la chambre d'agriculture de l'Isère : « La consommation du foncier, un enjeu pour l’agriculture »

Isère le 27 février 2014 - La Rédaction - Actualités - article lu 1357 fois

Jean-Claude Darlet, président de la chambre d'agriculture de l'Isère : « La consommation du foncier, un enjeu pour l’agriculture »
(D.R.)

Quels sont les enjeux de ce scrutin pour le monde rural ? Le monde rural sera surtout impacté par le scrutin de 2015, pour les élections régionales et cantonales.

Quels sont les enjeux de ce scrutin pour le monde rural ?

Le monde rural sera surtout impacté par le scrutin de 2015, pour les élections régionales et cantonales. La redéfinition de la carte des cantons s’est faite au détriment du monde rural qui sera beaucoup moins représenté à l’avenir. N’oublions pas qu’actuellement certains cantons de montagne du sud-Isère ne représentent que 5000 ou 10000 habitants. Demain, les particularités de ces territoires seront absorbées dans des cantons de minimum 20000 habitants. Concernant les municipales, d’un point de vue spécifique aux agriculteurs, nous risquons de voir leur disparition au sein des conseils municipaux. Ils sont en effet de moins en moins nombreux à s’engager ; alors même qu’ils sont des acteurs majeurs dans le monde rural.

Les villes s’organisent pour gérer leur foncier de manière plus durable. Est-ce la fin du « grignotage » dans des bassins comme le Grenoblois ?

La consommation du foncier est un enjeu de demain pour l’agriculture. Sur les 257 communes du Scot grenoblois, le stock de terrain prézoné pour une urbanisation future est immense. La Chambre d’Agriculture travaille donc avec les communes qui révisent leur Plan Local d’Urbanisme. Elle les incite à corriger à la baisse la surface de terres agricoles qu’elles destinent à une urbanisation future. Les terrains prézonés, posent problème car même s’il reste agricole ce statut dissuade les propriétaires de reconduire des baux, ils préfèrent attendre de futurs projets de construction. Nous essayons aussi d’imposer l’idée d’un phasage dans le temps, des ces terres prézonées, pour que les terres de moins bonne valeur soient consommées en premier.

Les collectivités sont un moteur dans le développement des circuits courts, notamment par leurs commandes en matière de restauration collective. Est-ce un enjeu du scrutin ?

Je ne pense pas. Aujourd’hui, les quantités demandées sont encore trop faibles pour entraîner des changements importants. En imaginant un bouleversement suite au scrutin municipal, le résultat économique pour un producteur serait négligeable.
Les agriculteurs isérois ne sont pas pour autant absents du développement de l’agriculture de proximité. Une légumerie qui doit faire la première transformation des produits, est en construction à Moirans. L’objectif est de proposer un produit qui soit livrable en cantine. Il y a aussi la future Halle des terroirs qui proposera en vente direct des produits de plus de 70 producteurs isérois. Nous pouvons aussi compter sur le Conseil général qui a lancé une opération « Manger bio à la cantine » et qui est devenue « Manger bio et autrement à la cantine » ; afin de mieux associer les producteurs du département.

Propos recueillis par Pierre Silvain



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