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Jazz à Vienne : Intermittents, « les politiques n'ont pas fait le job »

Isère le 13 juin 2014 - Mathieu Ozanam - Musique - article lu 1711 fois

Jazz à Vienne : Intermittents, « les politiques n'ont pas fait le job »
Angel Sanhueza - Avec la grève des intermittents « 80 % de mon chiffre d'affaires est en jeu »

Les intermittents du spectacle menacent de se mettre en grève si l'accord sur l'assurance-chômage est signé. Le directeur du festival Jazz à Vienne, Stéphane Kochoyan, exprime sa solidarité.

Pour vous où sont les responsabilités ?

Depuis les 2003, les politiques n’ont pas fait le job. Un médiateur a été nommé ? Mais ce n’est pas un médiateur qu’il faut. Il n’y a pas de médiateur dans mon bureau ! Il faut y aller, il faut régler le problème ! Demander aux gens des ministères de la Culture et du Travail de rediscuter. Parce que là non seulement nous ne sommes pas aidés par le ministère de la Culture, mais en plus on nous envoie au charbon. 80 % de mon chiffre d’affaires est en jeu. A la différence des établissements gérés par le ministère qui sont plutôt autour de 20 % en moyenne. Il faut demander immédiatement la reprise des négociations. Il faut écouter les partenaires sociaux.

Il y a quelques jours le président de la Cour des comptes a affirmé que le statut des intermittents du spectacle était « perméable aux abus ». Qu’en pensez-vous ?

Il faut arrêter de dire et de laisser dire que ce régime est privilégié alors que nous, nous payons deux fois plus de charges patronales que dans le régime général. Au moment où l’on parle de travailler le dimanche, nous cela nous fait bien sourire parce que ça travaille le 1er Mai, le 14 Juillet jusqu’à pas d’heures ! Enfin on bosse quoi ! Et pour être intermittent il faut se lever tôt le matin et se coucher tard le soir. S’il y a eu des abus c’est plutôt du côté de la radio et de la télévision française.

Avez-vous des craintes quant à la tenue du festival qui doit s’ouvrir le 27 juin ?

Il y a un vrai problème et c’est nous qui sommes en difficulté. Et c’est nous qui discutons avec nos salariés. J’ai rencontré mes cadres intermittents et lundi je vais voir tout le monde.  Mais aujourd’hui je n’ai aucun artiste qui m’a appelé en disant qu’il ne le faisait pas.

Mes craintes dépassent celles de Jazz à Vienne, c’est de toute la profession et des artistes qu’il s’agit. Donc si on s’en prend aux artistes et aux techniciens, on s’en prend évidemment à Jazz à Vienne. A un moment donné il faut décider, trancher, demander aux gens de se reparler et refuser de signer si ce n’est pas signable. Il faut à un moment donné monter au créneau. Nous n’avons pas de conflit avec nos salariés. Au contraire nous les soutenons. S’ils se mettent en grève ce n’est pas contre l’employeur, c’est pour un problème de régime.

Je pense aussi qu’il y a peut-être des craintes que cela explose de partout, avec la SNCF, etc. et que ce mouvement en entraîne d’autres… Souvenez-vous en 2003, il n’y avait pas que les intermittents, il y avait aussi les chercheurs qui faisaient grève.

Propos recueillis par Mathieu Ozanam



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