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Jazz à Vienne : 17 M€ de retombées économiques »

Isère le 31 juillet 2014 - Alexandre Bassette - Actualités - article lu 1156 fois

Jazz à Vienne : 17 M€ de retombées économiques »
Les professionnels du tourisme dénoncent la « concurrence déloyale » de Jazz à Vienne (D.R.)

Les résultats publiés récemment font apparaître que « cette intuition était justifiée », se félicite le président de ViennAgglo : Au total, l'impact économique du festival est de 17 millions d'euros.

« C'est très encourageant », s'enthousiasme son directeur, Stéphane Kochoyan.
Pour arriver à ce chiffre, l'étude a pris en compte les retombées directes et indirectes générées par l'activité de l'institution et de ses partenaires (3 millions d'euros) ainsi que celles liées à l'effet spectateur (14 millions). Dans le détail, l'enquête montre que le public du festival dépense 4,2 millions d'euros en transports, 2,8 millions dans les restaurants, 1,7 million dans les bars et 1,4 en hébergement. Mais ces répercussions de l'activité de Jazz à Vienne sont contestées par certains acteurs économiques locaux (lire par ailleurs).
L'étude souligne également que 66% de cet impact économique (soit 11,1 millions d'euros) bénéficient au département et que 12% supplémentaires rejaillissent quant à eux au niveau régional. « Nous avons là un véritable moteur du développement du territoire », assure Thierry Kovacs.
Pour décoder une année d'existence de Jazz à Vienne et obtenir une vision très précise de ce que le festival peut rapporter, six mois de travail ont été nécessaires. 25 000 personnes ont été interrogées grâce à des questionnaires en ligne ou sur le terrain et des entretiens ont été réalisés auprès de 65 partenaires institutionnels, économiques, culturels, médiatiques et touristiques : « Nous avons rencontré une véritable ferveur », rapporte Julien Bernard, directeur de Nova Consulting, le cabinet de conseil en stratégie, marketing et communication spécialisé dans la culture, qui a réalisé l'étude.


Jazz à Vienne : Les professionnels viennois amers

Avec près de 6M€ de retombées économiques annoncées pour les restaurateurs, cafetiers et hôteliers, les professionnels du tourisme devraient être réjouis après le festival. Mais c'est la mine défaite et le moral en berne qu'ils dressent le bilan d'une quinzaine jugée « catastrophique ».

Une très mauvaise année. Qu'ils soient installés cours Brillier ou dans les ruelles du quartier du Temple, à l'abri des regards, l'expression revient souvent dans la bouche des restaurateurs et des cafetiers. « Le festival ne m'apporte rien de plus », constate Valérie Jean-Baptiste. La gérante d' « Au dos de la cuillère » met ça sur le compte de la position excentrée de son restaurant.
Mais elle n'est pas la seule à avoir cette impression. « Ces dernières semaines, nous avons beaucoup plus travaillé grâce à la Coupe du monde », regrette Christophe Mouszon, responsable de l'Odéon pourtant situé dans l'une des rues les plus fréquentées de la ville. Tous savent que les chiffres annoncés ne concernent pas seulement les retombées à Vienne mais quand même : « On espérait avoir notre part du gâteau. »
Dépités et énervés, les propriétaires des cafés et des restaurants viennois dénoncent une « concurrence déloyale » de la part de Jazz à Vienne. « Les concerts commencent trop tôt et se terminent trop tard, lance-t-on du côté de la place de Miremont. Le public n'a pas le temps de manger avant et n'a plus envie après. » Le gérant de l'Odéon, Cyril Bretonnes, va plus loin : « Les organisateurs ne pensent qu'à eux, pas aux commerçants. » Prix des places trop élevés, navettes qui déposent les spectateurs juste devant le Théâtre antique : « Tout est fait pour qu'ils ne consomment rien chez nous ! »
Mais tous ces professionnels ne sont pas logés à la même enseigne. Le restaurant éphémère de l'Agora des chefs, idéalement situé à proximité de la scène de Cybèle, annonce entre 130 et 150 couverts chaque soir. « C'est ce qu'on attendait, explique Boris Henriroux. Et avec une météo plus favorable, on aurait sans doute dépassé nos objectifs. » Au Monte Cassino, sur le chemin du Théâtre antique, on ne cache pas avoir « bien travaillé ». « Mais notre clientèle est restée composée de locaux, d'habitués », souligne son chef, Éric Marsella. Il ne fallait donc pas tout miser sur le festival.

Des propositions pour l’avenir ?

Ils sont déçus mais ne baissent pas les bras. Les professionnels du tourisme ont des idées pour améliorer les futures éditions.
« La ville était triste durant ces 15 jours, elle devrait être plus animée », propose Valérie Jean-Baptiste. Malgré le partenariat avec l'office de tourisme qui lui permettait de recevoir des groupes de musiciens certains soirs, elle regrette de n'avoir « pas profité du passage de possibles clients [qui seraient] sans doute venus si des spectacles de rue avaient été organisés ailleurs que dans l'hypercentre. » Et elle n'est pas la seule à aller dans ce sens : « J'ai des touristes qui m'ont demandé où était le festival, tellement c'était calme », dit se souvenir Christophe Mouszon de l'Odéon.  
Face à ce constat, tous réclament que les animations ne soient pas réservées à certains lieux et qu'elles se multiplient, au contraire, dans toute la ville. « Pourquoi ne pas créer des pôles musicaux dans chaque quartier ? propose Éric Marsella. Je suis sûr qu'il y a plein de petits jeunes qui seraient ravis de venir jouer une heure ou deux pour mettre l'ambiance. »
Lors de la présentation des résultats de l'étude sur les retombées économiques du festival, le maire de Vienne, Thierry Kovacs, avait d'ores et déjà promis de « renforcer le off en concertation avec l'ensemble des acteurs locaux ». Le chronomètre tourne pour que tout soit au point dès l'année prochaine.

Alexandre Bassette



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