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Jacques Plaine : Et la Fête fut !

Loire le 12 octobre 2015 - Florence Barnola - Livres - article lu 392 fois

Jacques Plaine : Et la Fête fut !
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Il a insufflé à Saint-Etienne son goût pour la lecture. Créateur de la Fête du Livre, Jacques plaine se trouve tout naturellement hissé à la place d'honneur pour son trentième anniversaire. A 83 ans, l'ancien libraire promeut toujours et encore la littérature et la langue française au travers de son association, Lire à Saint-Etienne.

« C’est un type remarquable ! Un organisateur génial, complètement fou ! » s’exclame Jean-Noël Blanc, invité récurrent de la Fête du livre et complice de Jacques Plaine depuis toujours. En effet, l’ancien libraire de la rue Traversière a beaucoup contribué à « mettre le livre dans la rue et à le faire joyeusement » dans sa ville mais aussi partout ailleurs. Parmi ses faits d’armes, Il a initié le salon du livre de Paris à la fin des années 70 avec Yves Mourousi aux Tuileries, et bien sûr il a créé en 1986 la Fête du livre stéphanoise. Toute sa carrière, mais aussi comme président de la Fédération française des syndicats de libraires, il s’est engagé ardemment afin de rendre le livre accessible à tous, voulant constamment aller chercher ceux qui ne lisaient pas.
En 1991, l’heure de sa retraite sonne, il vend ses librairies de la rue Traversière mais poursuivra son action à la Fête du livre dix ans encore. Il va alors écrire ses mémoires de professionnel du livre, Souvenirs d’un libraire, publié en 2001, pour lequel il sera invité par PPDA dans Vol de nuit. Le père de la Fête du livre balaie tout romantisme lié au livre : « Mon père, mon grand-père étaient libraires. j’ai toujours dit que si mon père avait été paysan, j’aurais été au cul des vaches. Je me serait passionné de la même façon. » Jacques Plaine est un passionné de l’action, du mouvement, « un organisateur génial » comme l’a souligné son ami Blanc. Après son départ de l’organisation de la Fête, il ne chôme pas. Il monte « à la demande de Michel Thiollière » une association, Lire à Saint-Etienne, qui promeut la lecture à travers différentes actions notamment chez les jeunes. « Au début on était 19, maintenant on est 500 adhérents. » A n’en plus douter, l’homme au nœud papillon aime le mouvement et sait partager son enthousiasme.Nous nous rencontrons dans son bureau de la rue Traversière un mercredi à 14 h. Nous prenons place sur un coin de table où livres, documents, affiches, journaux s’entassent. Fudji, dort en boule dans son panier, à côté de son maître. « Pour ma femme, c’est Fudji parce que nous revenions du Japon. Pour moi c’est Foujita, parce que c’était un peintre japonais que j’aime bien. »

Du sport trois fois par semaine

Notre conversion se fait intermittente : il répond au téléphone, va renseigner dans la pièce à côté une dame et sa fille sur les cours de français gratuits dispensés à l’association… Le matin même, raconte-t-il, il est allé courir à vélo. Comme chaque semaine. Tous les matins, il fait sa gym durant un quart d’heure. Les mercredi, samedi et dimanche, il parcourt la route séparant Planfoy de Pont Soulignet en vélo ou en courant avec Fudji, sa petite chienne.
Il avoue 83 ans, on lui dit alors que l’âge n’a pas d’emprise sur lui en s’extasiant sur sa forme physique et sa discipline sportive. « J’ai fait des trucs », rétorque-t-il sans vouloir s’appesantir sur ses prouesses. « J’ai commencé le vélo par le tricycle », élude-t-il le sourire en coin. « A chacun de mes anniversaires je faisais des sauts périlleux. Mais plus je prenais de l’âge, plus il fallait que je monte haut pour pouvoir faire le tour complet. A un moment donné j’ai pensé que j’allais finir par tomber sur la tête, donc il fallait que je trouve autre chose. J’ai commencé les marathons à 65 ans. J’ai fait New York, Berlin, Londres, Paris plusieurs fois, Monaco… J’en ai fait jusqu’à 74 ans. »
Jacques Plaine ne change pas. Il a toujours ses lunettes au front, est vêtu d’un débardeur sur une chemise à manches courtes avec l’accessoire qui l’a rendu célèbre, le nœud papillon. Son bureau est un cabinet de curiosité, toute l’histoire de la Fête du Livre s’y trouve ça et là : un dessin de Piem dédicacé à Monique la vice-présidente de l’association mettant en scène humoristiquement le maître des lieux, la marionnette à gaine à l’effigie de Paul Fournel, des coupes, des Babets d’or, des piles de livre, des photos... Face à l’imposant bureau en bois, un tableau signé de son père trône au milieu du mur. « Mon père a illustré beaucoup de bouquins. Son idée était plutôt de devenir peintre et professeur de dessins que libraire. Mais mon grand-père est devenu aveugle, il a dû prendre la suite pour que la librairie ne ferme pas… » Son téléphone portable sonne, il répond à un éditeur calant un rendez-vous pour l’émission littéraire qu’il co-anime sur RCF. Derrière lui, les auteurs lui jettent un regard amusé et lui sourient, éternellement.

Florence Barnola
 

 

Date : 1956

Lieu : Ma maison, et le bureau rue Traversière

Ambition : Mourir proprement

Personnalité : Je n’ai pas de modèle

Phrase : « Le souvenir du bonheur n’est pas le bonheur, le souvenir du malheur est toujours le malheur. »



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